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le rôle essentiel de la « vie scolaire » et du Conseiller principal d’éducation

Mis en ligne le lundi 16 mai 2005.
Le conseil de la vie lycéenne (CVL) du lycée de l’Hautil de Jouy-le-Moutier a lancé en 2003 une action contre la violence avec le CVL du lycée de Vauréal, la commune voisine. Il s’agissait notamment pour les lycéens d’intervenir dans les collèges pour débattre avec les plus jeunes.

Accoutumée à l’organisation et à l’animation de formations de délégués de classe, Carmen Murano a organisé une formation adaptée au projet. Pour leur permettre d’intervenir efficacement dans les meilleures conditions devant des collégiens, la CPE (Conseillère principale d’éducation) a fait appel à des parents d’élèves pour intervenir auprès des élèves un mercredi après-midi. Ainsi, un magistrat, un avocat, un gendarme, un psychologue, un éducateur et un médecin ont répondu aux questions des jeunes des deux CVL. Ils leur ont expliqué ce qu’était la violence. « Les jeunes ont des idées préconçues. Par exemple, ils ont tendance à penser que lorsque l’on agit à plusieurs, c’est moins grave... », précise Carmen Murano. Comme tous les jeunes ne semblaient pas encore très au clair sur le sujet après cette rencontre, elle a profité d’un après-midi où les cours étaient supprimés (les équipes enseignantes travaillant sur le projet d’établissement) pour en reparler avec eux. « Bien préparés, les élèves sont intervenus lors des séances de deux heures dans des classes. Parfois, ils sont retournés dans leur collège d’origine et ont été reçus par les chefs d’établissement “comme des grands responsables” », affirme la CPE, persuadée de l’intérêt de former les jeunes pour leur permettre d’agir dans de bonnes conditions. Une conviction qu’elle applique de la même façon depuis très longtemps à l’engagement des délégués de classe.

« Du moment qu’il y a obligation d’élection de délégués élèves, il me semble évident qu’il faut leur expliquer quel est leur rôle. La plupart des élèves veulent être délégués juste pour participer au conseil de classe ! J’ai toujours organisé des formations de délégués de classe dans les établissements où j’ai été en poste. Même quand je devais rester trois mois, je me débrouillais pour leur consacrer un moment ! », raconte-t-elle. Les journées de formation se passent sur le temps scolaire en général. Au lycée de l’Hautil, elle anime avec sa collègue CPE les formations avec l’aide de surveillants, de professeurs, de l’infirmière ou d’autres membres du personnel éventuellement. « Une annonce générale est lancée à tous les collègues ; ensuite il faut aller à la recherche des personnes. Les délégués apprécient la venue d’enseignants et de la direction, sans doute parce qu’il s’agit d’un signe de reconnaissance. Mais la difficulté est souvent là : il est rare que nous ayons trop d’intervenants... », souligne-t-elle.

Les formations sont l’occasion, d’une part, de présenter l’établissement, son personnel et ses missions et, d’autre part, d’approfondir un thème. En 2003, en collaboration avec une comédienne, adultes et jeunes ont appris à mieux se connaître en participant à des jeux de rôle. « Se mettre à la place du jeune ou du professeur montre qu’aucune position n’est facile. » En 2004, une journée sur le thème des techniques de communication est organisée. Les ingrédients d’une bonne formation sont, selon Carmen Murano : des personnes volontaires pour encadrer les élèves, des animateurs (personnel interne à l’établissement ou intervenants extérieurs) et surtout un chef d’établissement convaincu de son intérêt pour qu’il permette son déroulement sur le temps scolaire, « car une formation qui fonctionnerait seulement sur du temps extrascolaire n’aurait pas l’adhésion des élèves délégués ». Son apport est indiscutable. « Ces rencontres permettent aux adultes d’être en contact avec un groupe de référence pour faire passer des messages. Pour la classe ou les professeurs, cela permet d’avoir des délégués bien préparés au conseil de classe et des élèves sur lesquels ils peuvent plus s’appuyer. Je suis convaincue que le besoin de s’engager existe, mais il faut l’accompagner et le chercher », affirme Carmen Murano. Un avis qu’elle partage avec les jeunes délégués et élèves du CVL (dont la moitié est composée de délégués). « Cela nous motive d’être toujours sollicités. Au lycée de l’Hautil, nous avons un cadre qui permet de nous investir », confirme Guillaume, un élève.

Propos recueillis par Marie-Pierre PERNETTE

article extrait de la publication "les cahiers de l’action" n°1 : "des ressources pour l’engagement et la participation des jeunes"


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