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« l’Ecole, espace d’intégration sociale et culturelle » : contribution de l’Injep

Audition du Haut conseil à l’Intégration (préparation d’un avis)
Mis en ligne le mardi 25 mai 2010.

Une contribution préparée par Olivier Toche, directeur de l’Injep [1], et Bernard Bier, chargé d’études et de recherche, spécialiste des politiques éducatives et de jeunesse, à partir des travaux de recherche les plus récents, avec le concours de Bernard Abrignani, responsable des programmes Euromed et dialogue interculturel au sein de l’Afpeja [2].

Extrait :

Questions 1 et 2 :

En quoi l’école républicaine est-elle un espace d’intégration sociale ? En quoi l’école républicaine est-elle un espace d’intégration culturelle ?

« Les sciences sociales dans leur ensemble (école de Chicago, interactionnisme symbolique, psychologie du développement…) nous montrent que l’intégration (sociale, culturelle…) est un processus long et complexe. Ce phénomène a particulièrement été illustré en France d’un point de vue historique par Gérard Noiriel et ses travaux de sociohistoire (Le creuset français 1988, Le Seuil).

D’une certaine manière ce constat conforte la définition de l’intégration donnée par le HCI [3] lui-même : « Mener une politique d’intégration, c’est définir et développer des actions tendant à maintenir la cohésion sociale au niveau local comme au plan national, de sorte que chacun puisse vivre paisiblement et normalement dans le respect des lois et l’exercice de ses droits et de ses devoirs.

Ainsi conçue, une politique d’intégration ne concerne pas seulement les immigrés ; elle n’en doit pas moins prendre en compte les problèmes particuliers que peuvent poser certains d’entre eux.
- L’intégration n’est pas l’assimilation : elle ne vise pas à réduire toutes ses différences.
- L’intégration n’est pas non plus l’insertion car elle ne se limite pas à aider les individus à atteindre des standards socio-économiques.
- L’intégration demande un effort réciproque, une ouverture à la diversité qui est un enrichissement mais aussi une adhésion ».

Historiquement, l’école a pu jouer un rôle d’intégration pour les primo-arrivants, quelles que soient les qualifications acquises par le jeune à sa sortie du système scolaire, d’autant plus facilement que le monde du travail pouvait prendre le relais.

Parallèlement les solidarités ouvrières, les regroupements associatifs dans le champ des loisirs participaient de cette intégration.

Les historiens nous confirment que cette intégration, au-delà du mythe de la France « terre des droits de l’homme » qui a pu être mobilisateur (cf. le « désir de France » d’Abdelmalek Sayad), s’est faite, d’une part via les associations communautaires qui permettaient le lien entre la société d’origine et la société d’accueil (il en fut de même à la fin du 19ème siècle pour les Bretons ou les Auvergnats arrivés à Paris), d’autre part (cf . les Polonais arrivant en Lorraine) via l’église catholique ou le parti communiste, parfois l’un puis l’autre (cf. Noiriel, op. cit.). Autrement dit, on ne s’est jamais intégré à la France que par des espaces de transition.

Enfin pour sortir du mythe, il importe de rappeler que cette intégration fut souvent conflictuelle (Noiriel G., Immigration, antisémitisme et racisme en France (19ème-20ème siècle). Discours publics, humiliations privées, 2007, Fayard).

L’école fonctionnait d’autant mieux que les migrants pouvaient s’intégrer par le travail, et qu’elle était promesse d’ascension sociale. Nous savons aujourd’hui les difficultés sur ce point, et cette réalité impacte vraisemblablement les processus d’intégration, comme elle impacte le parcours scolaire de nombre de jeunes.

L’ensemble des recherches sur le sujet converge pour constater le fort investissement des parents migrants sur l’école contrairement aux représentations communes, en particulier de certains enseignants (Vallet L.-A., Caille J.-P., « la scolarité des enfants d’immigrés » in L’école. L’état des savoirs, 2000, La Découverte ; Z. Zeroulou, « La réussite scolaire des enfants d’immigrés. L’apport d’une approche en terme de mobilisation », Revue française de sociologie, n° 289, 1988). »

(...)

Consulter, télécharger l’ensemble de la contribution :

PDF - 191.5 ko
Préparation d’un avis sur « l’Ecole, espace d’intégration sociale et culturelle »
Audition du Haut conseil à l’Intégration du 18 mai 2010 - Contribution de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep)

[1] Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire

[2] Agence française du programme européen jeunesse en action

[3] Haut conseil à l’Intégration


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