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Paris

Usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes

Compte rendu d’une journée d’étude
Mis en ligne le samedi 29 mars 2008.

Le Grrem organisait le jeudi le jeudi 20 mars une journée d’études sur le thème Usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes [1]

Sont intervenus lors de cette journée :

Christian LICOPPE [2] Sa communication a porté sur la notion de présence connectée ou en quoi nous sommes tous aujourd’hui (jeunes et moins jeunes) « concernés » par les TIC. Christian Licoppe différencie la présence intermittence où les technologies de la communication se substituent à l’absence. L’usage des TIC y est lié à une difficulté à se rencontrer.

Dans le cas de la présence connectée, le contact est constitutif du lien. Il n’y a pas de hiérarchie entre les formes de la présence. Ce qui compte, c’est la fréquence des contacts. L’évaluation de la pertinence du contact est assurée par l’appelé. C’est la disponibilité qui milite ou borde la présence continue. On note ainsi l’importance croissante donnée à l’utilisation de la messagerie.

Pascal LARDELLIER [3]

a présenté une communication intitulée « Quelques perspectives sociologiques sur la « culture numérique des ados ».

Pascal Lardellier est l’auteur du livre "Le pouce et la souris". Dans cet ouvrage, l’auteur parle des adolescents, qui ont grandi un portable dans une main, une souris dans l’autre. "Ils sont en train d’inventer une nouvelle culture numérique dont les codes leur sont spécifiques". Cette évolution comporte des enjeux à la fois culturels, pédagogiques et citoyens.

L’intervenant a rappelé que Jacques Chirac affirmait le 31 décembre 2005, lors de ses voeux, que les deux priorités de la France pour les années à venir étaient le numérique (en étant assez elliptique sur cette question) et l’énergie. "Avant de penser à un projet national, il faut débattre de ces questions en famille, dans la classe" estime l’intervenant.

Pascal Lardellier estime que « ...c’est aux parents de reconquérir le terrain qu’ils ont eux-mêmes perdu. Et, bien sûr, de contrôler le flux des connexions et de certains échanges ; de superviser le contenu de supports tels que les blogues et de permettre, aussi, aux jeunes de prendre un peu de distance, pour faire le lien entre la culture classique et les TIC. »

Il s’élève aussi contre la montée d’une idéologie de la communication et de sa convivialité véhiculée par exemple par Canal + et le tutoiement de Karl zéro ou encore l’image de transparence d’"Alice", la fée blonde qui remplace Alice au pays des merveilles.

Anne-Claire ORBAN [4] Son objectif est de pointer les dimensions qui se jouent à travers ces nouvelles pratiques de communication : expression, créativité, responsabilité, espace privé/espace public, construction de l’identité, socialisation,..

Anne-Claire Orban a tout d’abord réalisé une étude sur les blogues pour le compte du Clemi [5]. Elle estime que le blogue, à l’origine décrit comme un journal intime sur Internet, s’est largement développé pour ne plus être un journal très intime et se transformer en un site personnel sur lequel créations artistiques, états d’âme, débats philosophiques ou d’actualité, partage d’expériences, témoignages, et autres expressions personnelles en tous genres et sur tous les sujets sont publiés.

Le blogue serait donc un site personnel mais pas seulement. Il se différencie de ce dernier non pas par son contenu ni même par sa démarche (depuis le début de la toile web existent des sites créés par des particuliers à des fins d’expression) mais par la technique qu’il engage et par conséquent les usages qu’il génère.

L’étude d’Anne-Claire Orban réalisée pour le compte du Clemi :

http://www.clemi.org/medias_scolaires/blogs/article_blog_ACO.pdf

Anne-Claire Orban a également observé le développement de la blogosphère en Belgique au travers de la plateforme "skyblog".

Le blogue est tout d’abord un moyen pour exister. Sur un blogue on s’essaye et ceux qui y viennent aident à s’essayer : "je suis moi-même avec les autres" ...

Le blogue est aussi un espace de communication et l’on relève des liens entre les messageries instantanées (MSN) et les blogues.

L’intervenante considère que les blogues constituent un excellent support pour travailler sur l’éducation aux médias : "ce que tu fais sur ton blogue, le ferais-tu dans la rue ?" Elle réalise des interventions auprès des jeunes, des parents et des associations de parents d’élèves.

Anne Claire Orban est coordinatrice d’Action Ciné Médias Jeunes (ACMJ), organisation de jeunesse d’éducation aux médias reconnue par la Communauté Française de Belgique : www.acmj.be .

Dans son objectif de former des CRACS (des Citoyens Responsables Actifs Critiques et Solidaires), elle considère qu’il est nécessaire pour les jeunes de bien comprendre la société médiatique dans laquelle ils vivent.

Fabien LIENARD [6] a relaté les principes généraux de la pratique scripturale des SMS avant de pointer les grands procédés à partir desquels elle se construit. L’objectif est de se focaliser sur la pratique que font les adolescents et les jeunes adultes du SMS pour mieux s’interroger sur l’émergence et/ou la présence d’éventuels risques…

Fabien Lienard estime que la langue SMS, utilisée par les ados, naît à la fois d’un besoin de transgression et de résolution de contraintes techniques (le clavier) et économiques (les signes ont un prix).

F. Liénard considère qu’une typologie de son corpus de SMS tchatés s’organise autour d’un triple processus : le processus de simplification, de spécialisation et d’expressivité. Ses résultats d’analyse de corpus (3000 messages environ) révèlent que le processus de simplification est très largement utilisé par rapport aux autres processus scripturaux.

Intervenaient aussi lors de la journée d’études :

Oriane DESEILLIGNY [7] Après une description généraliste de la blogosphère. elle a évoqué les pratiques d’écritures qui s’y cristallisent.

Isabelle PIEROZAK [8]

L’optique centrale, de sa présentation a été de faire comprendre comment les notions d’identité et de socialisation, régulièrement mises en avant dans la littérature spécialisée, entrent en jeu dans les tchats, au point qu’échanger puisse signifier (se) construire.

La thèse d’Isabelle PIEROZAK

"Le français tchaté. Une étude en trois dimensions – sociolinguistique, syntaxique et graphique – d’usages IRC", Université d’Aix-Marseille I, 3 volumes, 1433 p.

volume 1

volume 2

annexes

Compte rendu par Gérard Marquié, Ressources jeunesse

[1] Merci à Christian Bensi, "informer autrement" pour l’info

[2] Professeur de sociologie à Telecom ParisTech. Il s’intéresse depuis longtemps aux TIC et à leur omniprésence dans la société. Cela l’a amené à pointer bon nombre des usages que ces dernières recouvrent : visioconférence, commerce électronique, téléphonie (mobile ou non), messagerie instantanée, etcetera.

[3] est Professeur des Universités (Université de Bourgogne – Dijon) et chercheur aux LIMSIC/CIMEOS. Il a publié une quinzaine d’ouvrages dont plusieurs, seul ou en collaboration, autour des appropriations sociales des TIC.

[4] est coauteur d’un ouvrage interdisciplinaire sur les blogs intitulé Objectifs Blogs ! (Editions L’Harmattan), dans le cadre des travaux du GRICI (Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur la Communication & Internet) des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (FUNDP, Namur, Belgique).

[5] Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information

[6] est Maître de Conférences (IUT Le Havre) et membre du laboratoire de recherche LiDiFra (Université de Rouen). Il travaille depuis plusieurs années sur l’écriture électronique et notamment sur le SMS.

[7] est ATER au pôle Métiers du Livre de l’université Paris X – Nanterre et membre du CRIS SERIES. Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, sa thèse porte sur les journaux personnels publiés en ligne entre 1998 et 2003. Elle travaille sur les pratiques personnelles d’écriture de soi en ligne (notamment les blogs) et sur les métamorphoses médiatiques du texte.

[8] est Maître de Conférences (Université de Picardie Jules Verne – Amiens). Ses recherches en sociolinguistique ont principalement pour terrain internet, et en particulier le tchat, terrain exploré durant sa thèse.


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