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Une société fâchée avec sa jeunesse ?

Mis en ligne le mardi 6 avril 2010.

L’Afev organisait une rencontre dans le cadre des Cercles de l’Afev sur le thème "Une société fâchée avec sa jeunesse ?" le mercredi 31 mars à Paris.

A cette occasion, les résultats d’une enquête "Les Français et les jeunes" étaient présentés.

A noter parmi les enseignements de cette enquête réalisée par Internet :

- Un Français sur deux (49%) dit avoir un regard négatif sur la jeunesse
- 83% des Français disent apprécier la relation avec les jeunes, mais les jugent aussi « pas lucides » et pas « réalistes »

- Lire l’ensemble des résultats de l’enquête :

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Elise Renaudin
Déléguée nationale à l’Afev

Elise Renaudin (Afev) animait la rencontre de restitution de "l’étude perception des jeunes" présentée le 31 mars.

Le sondage a été analysé et commenté par un panel de personnalités de la vie publique et de chercheurs, au premier rang desquels Cécile van de Velde, spécialiste en sociologie comparée de la jeunesse, des âges et des générations en Europe et marraine de l’Observatoire en 2010.

Contribution de Cécile Van de Velde invitée à réagir au sondage lors de la rencontre du 31 mars et interviewée sur le site www.fetedessolidarites.org.

Extraits de l’interview :

« (...) Les sondés révèlent à la fois une peur sociale sur les jeunes et un regard positif sur les échanges qu’ils ont avec eux. Du côté négatif, l’image qui ressort du sondage est celle d’une jeunesse passive. Sur l’investissement, la capacité à se prendre en main, le doute est énorme.

Ce qui n’est pas surprenant sachant qu’en France le regard sur les jeunes est essentiellement vertical : à l’école c’est l’autorité du professeur, dans la famille c’est aux parents de gérer les aides sociales, même quand le jeune devient majeur.

Bref, notre société a une tendance globale à mettre sous tutelle la jeunesse. Du coup cette image négative apparaît comme une injonction paradoxale : on leur dit d’être actifs mais sans tenir compte que les jeunes n’ont pas la possibilité d’accéder à cette autonomie.

Un résultat me semble particulièrement inquiétant : c’est le fait qu’un quart des sondés disent ne pas considérer que les jeunes « sont un atout pour la société ». Même s’ils sont une minorité, c’est énorme ! Tout ce qui est positif concerne, a contrario, le lien social direct, l’humain.

Nous vivons dans un pays qui aime à caractériser les populations en fonction de leur seul âge, et les gens ont du coup une aspiration à recréer du lien intergénérationnel. Cela est visible dans le sondage sur l’envie de transmettre aux jeunes des savoirs. »

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Cécile Van de Velde

Cécile Van de Velde lors de la restitution du 31 mars

- Lire l’interview de Cécile Van de Velde

http://www.fetedessolidarites.org/index.php ?page=en_CVDV

A propos de Cécile Van de Velde :

- Entre les âges : Un dossier d’Agora Débats jeunesse coordonné par Cécile Van de Velde

http://www.injep.fr/Entre-les-ages.html

- En France, la tyrannie du diplôme est forte et intériorisée

- Devenir adulte en Europe par Christian Baudelot

D’autres responsables du monde de la politique ou syndical, du secteur associatif, de la recherche dans les domaines de la jeunesse... ont accepté de témoigner suite à la lecture de ce sondage :

Pour Martin Hirsch [1] :

« La jeunesse est pour le reste de la population une sorte de « continent méconnu ». J’avais eu ce sentiment dès ma prise de poste il y a un an lors de ma nomination au Haut Commissariat à la jeunesse. Les gens me demandaient si je n’avais pas peur, me parlaient de leur caractère incontrôlable, revendicatif… Je trouvais cela hallucinant ! Par ailleurs, cette attitude de repli disparaît dès que l’on parle aux gens des jeunes qu’ils connaissent… »

- Interview de Martin Hirsch

Bernard Bier (Injep) parle d’ "Un sentiment croissant de déclassement chez les jeunes"

En introduction à sa contribution, le chargé d’études et de recherche a souhaité néanmoins prendre quelques précautions :

« Analyser cette enquête-sondage impose un certain nombre de précautions, liées entre autres à sa forme même (questions fermées dont les items seraient eux-mêmes à interroger), et au fait qu’une enquête comparative appelle un protocole plus complexe et n’a de sens qu’inscrit sur une durée plus longue qu’un an.

Enfin, lorsque l’on tente de saisir des évolutions, il importe de se garder d’un double écueil : l’illusion de la nouveauté radicale comme celle de la permanence et de la répétition du même. »

- Lire la contribution de Bernard Bier

Philippe Meirieu [2] voit dans les résultats de ce sondage "Une société toujours plus clivée" et l’influence de la société de consommation :

« Ce sondage témoigne d’une difficulté de communication entre les générations, ce qui est à la fois quelque chose de traditionnel dans l’histoire, mais semble aujourd’hui plus fort dans la mesure où toute notre société fonctionne sur un marketing de public ciblé, où les produits culturels comme les structures sociales ont tendance à se refermer sur des catégories particulières.

Au sein des jeunes même, des sous-catégories sont créées, selon le sexe, l’origine sociale etc., et toute cette segmentation de la population en parts de marché me paraît caractéristique d’une société du clivage qui ne fonctionne pas sur le lien, l’échange, le transgénérationnel.  » (...)

- La contribution de Philippe Meirieu

- Lire l’ensemble des contributions :

http://www.fetedessolidarites.org/index.php ?page=en_entretiens

Extraits sélectionnés et photos par Ressources jeunesse

[1] Président de l’Agence du service civique, ancien Haut Commissaire à la Jeunesse

[2] Professeur en Sciences de l’éducation Conseiller régional Rhône Alpes (Europe-Ecologie)


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