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Etudes

Une jeunesse difficile : portrait économique et social de la jeunesse française

Un ouvrage, coordonné par Daniel Cohen, disponible en ligne
Mis en ligne le samedi 27 janvier 2007.

"La jeunesse est en première ligne des ruptures qui ont accompagné les mutations de la société".

L’ouvrage "Une jeunesse difficile - Portrait économique et social de la jeunesse française", coordonnée par Daniel Cohen [1]vise à approfondir le diagnostic.

Deux thèmes principaux sont analysés : la précarité de l’emploi pour les jeunes, l’allongement de la durée des études.

Extraits de l’introduction

À quelques mois d’intervalle, deux visages de la jeunesse française ont fait irruption dans le débat politique : la jeunesse des banlieues à l’automne 2005, puis la jeunesse estudiantine, au printemps 2006.

Elles ont rappelé à l’opinion publique ce que sociologues et économistes soulignaient depuis longtemps : la jeunesse est en première ligne des ruptures qui ont accompagné les mutations de la société. Un fait invite à réfléchir : en France, comme dans la majeure partie des pays développés, le suicide des jeunes ne cesse de croître, défiant les lois de la sociologie établies depuis Durkheim selon lesquelles le suicide est l’apanage des vieux.

Les jeunes paient cher les retards de la société à reconnaître les difficultés nouvelles auxquelles ils doivent désormais faire face.

Pour tracer le portrait économique et social de la jeunesse contemporaine, il n’est pas inutile de rappeler ce que furent ses modèles antérieurs.

Deux modèles sociaux d’entrée dans la vie ont longtemps distingué d’un côté une jeunesse étudiante et bourgeoise et de l’autre une mise au travail précoce qui était la norme parmi les classes populaires1.

Le premier modèle se traduisait pour les garçons par une période plus ou moins longue entre la fin du lycée et l’accès à une profession, meublée d’études, de rencontres, d’expériences amoureuses et de loisirs financés par la famille. Le mariage et l’accès à une profession stable venaient mettre un terme à cette période de jeunesse.

Jeunesse dont les membres masculins des classes populaires se trouvaient privés : pour eux, le service militaire marquait une césure définitive avec la vie adolescente. La fin du service, le mariage et la prise d’un emploi définitif se succédaient en quelques mois.

S’ils n’étaient pas symétriques, ces deux modèles de passage à la vie adulte ne manquaient pas de se compenser. Privés d’une formation longue et des plaisirs de la jeunesse estudiantine, les jeunes de milieu populaire accédaient plus vite à un statut d’adulte de plein droit et à la maturité sociale et psychologique qui en découlait.

Leur statut de travailleur leur permettait de ne plus dépendre de leur famille d’origine et d’accéder aux responsabilités de chef de famille. Ce qu’ils perdaient en salaire et en formation, ils le gagnaient en expérience de la vie et en maturité.

La crise de l’emploi a porté un coup mortel au modèle ouvrier de passage à l’âge adulte où il importait d’abord que, le plus tôt possible, le jeune ait un bon métier, puisse gagner sa vie et fonder une famille.

Du fait de la précarité nouvelle de l’accès à l’emploi, les jeunes ouvriers sont désormais dépendants de leur famille d’origine, ce qui les place en porte à faux à la fois vis-à-vis des modèles traditionnels et des tendances individualistes de la société moderne.

Texte intégral de l’ouvrage téléchargeable sur le site du CEPREMAP [2] :

http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS06.pdf

- ARRONDEL L., BAUDELOT C. ESTABLET R., ETILE F., GOUX D., GURGAND M., MASSON A., MAURIN E., NOUVEAU C. Une Jeunesse Difficile. Portrait économique et social de la jeunesse française Paris : Ed. ENS rue d’Ulm, 2007, 235 p.

- Ouvrage disponible également aux éditions Rue d’Ulm collection du Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications) Janvier 2007 - 242 pages - 12 euros

- Veille documentaire : afs_jeunes_generation (Valérie Becquet et Cécile Van de Velde)

[1] Directeur du CEPREMAP, Professeur des Universités à l’Ecole normale supérieure

[2] Le CEPREMAP est, depuis le 1er janvier 2005, le CEntre Pour la Recherche EconoMique et ses APplications. Il est placé sous la tutelle du Ministère de la Recherche. La mission prévue dans ses statuts est d’assurer une interface entre le monde académique et les administrations économiques.


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