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Une étude sur les élus en charge des conseils d’enfants et de jeunes

Mis en ligne le samedi 24 mai 2008.

L’Anacej organisait cette année, le 21 mai à Paris, pour la troisième année consécutive Les rencontres nationales des élus locaux et de leurs collaborateurs. Elles faisaient suite à celles tenues en 2006 à Nancy et 2007 au Sénat. Elles étaient cette année plus particulièrement consacrées à la question du rapport entre élus et Conseils de jeunes qui renvoie de façon plus générale au débat autour des relation entre démocratie représentative et démocratie participative.

Les rencontres ont été ouvertes par la présentation par Nathalie Rossini, sociologue, chargée de recherche et de formation à L’Anacej, de l’étude qu’elle vient de mener, auprès des élus membres de L’Anacej sur le sens et la signification de ce qu’est « être un élu(e) en charge d’un conseil d’enfant et de jeunes ».

Il ressort entre autre de ce travail, publié dans Les Cahiers de L’Anacej, un profil sociologique de « l’élu ». C’est, à 58% une femme. Il n’est pas particulièrement jeune, ceci ne saurait nous surprendre compte tenu de la moyenne d’âge des conseils : 36% ont entre 50 et 60 ans, 26% de 40 à 50 ans et 21% moins de 40 ans.

De leur conception du rôle de l’élu en charge des Conseils d’enfant et de jeune nous retiendrons que,

- pour 34% il s’agit de soutenir des projets,
- 21% de défendre les jeunes conseillers,
- 19% transmettre le goût de la chose publique et
- pour 8%, d’un interlocuteur politique du Conseil municipal (en se plaignant « du peu d’intérêt des jeunes pour la politique » !)

Quant à la conception qu’ont les élus du rôle des Conseils il apparaît pour partie en contradiction avec ce qu’ils affirment être le rôle d’un élu en charge des Conseils.

En effet si ils privilégient dans leur conception, comme nous venons de le voir, l’action et le dialogue et par là aller dans le sens de les associer à la décision l’enquête met en évidence qu’il s’agit pour eux surtout de les initier à la citoyenneté (29%) ou de leur donner goût à la citoyenneté (16%) contre 23 % pour la perspective d’agir localement, 14% leur permettre de donner un avis et 7% de peser sur la décision.

Domine donc encore fortement une conception plutôt passive, limité à un rôle pédagogique, de sensibilisation des Conseils malgré le travail engagé de longue date par l’Anacej autour de l’idée qu’une véritable participation passe par l’action et la prise en compte des jeunes au niveau e la décision politique.

C’est bien de ces enjeux, si l’on veut véritablement parler de participation, que traitait ensuite Loïc Blondiaux, professeur à Paris I invité à traiter la question « Faut-il encore participer ? ».

En bon politologue Loïc Blondiaux s’attacha à ne pas répondre de façon tranchée à la question. Après avoir rappelé en quoi cette question faisait actualité et les nombreuses critiques qui pouvaient être faites à la démocratie participative il rappelait quelques évidences.

Tout d’abord que démocratie et participation faisaient pléonasme. En second, de façon classique qu’il fallait distinguer des niveaux de participation :
- l’information des citoyens,
- la consultation sur des projets dont les choix sont déjà en partie faits,
- la concertation comme association des citoyens à l’élaboration de projets et
- la codécision ou co-responsabilité.

Qu’enfin la démarche participative n’était véritablement recevable comme projet politique que si elle garantissait la possibilité au citoyen de peser sur la décision politique et que c’est une bonne chose de multiplier les lieux de discussion des choix et des décisions politiques à condition qu’il y ait une véritable appropriation pour le citoyen de ces moments.

Si nous revenons à l’enquête de l’Anacej nous ne pouvons que constater qu’il y a encore du chemin à parcourir. Il faut cependant nuancer ce constat. Il n’y a pas véritablement de frontière entre les différents niveaux de participation, toute forme de participation, quelle qu’elle soit engendre une dynamique, multiplie les opportunités de débat et que par ailleurs à ce jour il n’y a pas à notre connaissance d’études qui se soient attachés à mesurer l’impact des conseils sur la décision politique en ce qui concerne les conseils de jeune.

Jean-Claude RICHEZ (Injep)

L’étude réalisée par l’Anacej fait l’objet d’une publication


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