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Table ronde

Témoignages : les jeunes, citoyens de leurs régions

Extraits d’un colloque organisé à Lille les 7 et 8 juin
Mis en ligne le dimanche 30 juillet 2006.

Le colloque de l’ARF(Association des régions de France) sur "Les jeunes et leur région" s’est clos le jeudi 8 juin à Lille.

Parmi les tables rondes proposées, Ressources jeunesse vous propose de larges extraits de celle consacrée au thème : "Les jeunes, citoyens et leurs régions"

Compte rendu de la table ronde : "Les jeunes, citoyens de leurs régions"

 [1]

La table ronde était présidée par Elisabeth GOUREVITCH, Vice-présidente chargée des lycées et des politiques éducatives, région Ile-de-France

(...) Elisabeth GOUREVITCH indique, qu’au-delà de la qualification, qui reste un gage indispensable pour l’insertion, les régions accordent une particulière attention à la formation de l’Homme et du citoyen. Ce faisant, elles s’inscrivent et entendent participer résolument au projet républicain de former les citoyens.

l’autonomie, une condition de la réussite scolaire et d’une bonne orientation

Elle rappelle que les dernières instructions ministérielles ne manquent pas de souligner que l’autonomie est une condition de la réussite scolaire et d’une bonne orientation, avant de donner à chacun les moyens de mener à leur terme ses activités et projets, à tout âge. Elle souligne que cette exigence prend encore plus d’importance au regard de l’actualité.

La crise des banlieues et les mouvements suscités par le CPE ont ainsi rappelé l’intensité des tensions ressenties par les jeunes. Dans un contexte où l’individualisme est valorisé, les tensions intercommunautaires menaçantes, les fonctions éducatrices et socialisatrices, de l’école comme de tous les dispositifs d’accueil de la jeunesse, prennent une particulière importance. Les régions souhaitent soutenir ces derniers.

Elisabeth GOUREVITCH indique que l’éducation civique s’apprend, mais que dans ce domaine, les choses s’assimilent vraiment en les vivant. Elle estime que pour faire des jeunes, les citoyens de leur région, la question concrète qui se pose aux collectivités est de savoir comment soutenir les jeunes, les équipes éducatives et les associations qui veulent s’engager dans ce domaine.

Telle est la question dont la table ronde va débattre, en commençant par la présentation de trois initiatives. Elisabeth GOUREVITCH ajoute qu’un des défis de ce colloque était de réussir à tirer réellement toutes les conséquences de la démarche citoyenne des régions en faveur d’une autonomie de la jeunesse, donc de permettre l’émergence d’une parole jeune et d’être à son écoute.

C’est pourquoi sept jeunes feront part de leur expérience.

Région Alsace : « Le mois de l’autre »

Marie-Reine FISCHER [2] commence par présenter un film réalisé dans un lycée, avec des témoignages et des spectacles sur « l’autre ». Marie-Reine FISCHER explique que le mois de l’autre a été créé à l’initiative de la région Alsace, en partenariat avec le Rectorat de Strasbourg, afin de sensibiliser les jeunes au respect de la différence.

Elle rappelle, qu’en 2004, l’Alsace a été marquée par des profanations de tombes juives et des actes racistes. La région a décidé de réagir. L’éducation à la citoyenneté et à la tolérance à été inscrite dans le projet éducatif, en menant des actions en partenariat avec les associations, comme des débats ou des pièces de théâtre, afin de faire réagir la jeunesse.

Les lycéens et les apprentis d’Alsace se sont fortement mobilisés, dès la première année, en 2005, à hauteur de 5 000 jeunes, 50 établissements et 80 projets. En 2006, plus de 60 lycées ont participé, avec 10 000 jeunes et 150 projets.

« Le mois de l’autre » refuse le racisme et la xénophobie et affiche des valeurs de respect de l’autre dans toutes ses différences. « Le mois de l’autre » permet de prévenir la violence.

Benoît STEIN [3] précise que le succès de l’initiative de la région Alsace, durant l’été 2004, tient au fait qu’elle correspondait tout à fait aux préoccupations des établissements scolaires. Il ajoute, qu’en 2006, l’accent a été mis sur les actions artistiques, meilleur moyen de s’adresser à l’intelligence des jeunes.

Stéphanie DE CARVALHO [4] cite plusieurs projets du lycée Bartholdi, comme le théâtre forum qui montre des situations de discrimination au quotidien.

Le but est de faire participer les spectateurs. Par exemple, dans une pièce, un jeune maghrébin postule dans une banque mais n’est pas recruté. En revanche, une jeune française est immédiatement embauchée.

Stéphanie DE CARVALHO ajoute que le lycée Bartholdi organise aussi une journée de prévention, avec des associations. Enfin, elle chante aussi un passage de l’hymne créé au lycée« Une utopie ». Elle invite les participants à chanter à l’unisson. Stéphanie DE CARVALHO précise que cet hymne a été élaboré à l’occasion des actions de solidarité vis-à-vis des victimes du Tsunami.

Stéphanie DE CARVALHO ajoute que le CAVL a encouragé les lycéens à se mobiliser. Une rencontre européenne a aussi eu lieu avec plusieurs académies de la région, de Belgique et d’Allemagne. Pour finir, Stéphanie DE CARVALHO appelle à « être unis dans la diversité ».

Région Ile-de-France : Projet passion - lycées en action

Jocelyne BALAVOINE [5] explique que le dispositif Projet passion a été créé en 1995, afin de développer le sens de l’initiative des jeunes de l’Ile-de-France.

Les élus régionaux ont régulièrement reconduit l’action, afin de favoriser l’autonomie, la capacité à travailler en équipe et la créativité. Les projets sont retenus sur les critères suivants :

- être lycéen en région Ile-de-France,
- que les lycéens soient à l’origine du projet et en assurent la responsabilité,
- que les participants comptent trois quarts de lycéens.

Le projet peut concerner de très nombreux domaines. Il est apprécié en fonction de la motivation des candidats, de son utilité sociale et de son impact local notamment. Sont exclus les projets qui se limitent à demander des moyens pour des loisirs ou des voyages, ceux qui n’ont aucun impact local, ceux qui incluent un stage de formation scolaire, ceux où les jeunes ne feraient que participer à des manifestations organisées par ailleurs.

Jocelyne BALAVOINE ajoute que les associations peuvent parrainer et aider les projets. Les projets sont présentés par les jeunes devant la région, où un comité de validation accepte ou non, d’accorder une aide maximale de 3 000 euros.

Le comité de validation est composé d’élus régionaux, de représentants des académies, de parents d’élèves, de proviseurs et de jeunes.

Elie YAZBECK [6] explique la réalisation d’un projet de mise en place d’un espace culturel et récréatif au service pédiatrique de l’hôpital libanais Geitaoui. Il précise ce que ce projet humanitaire lui a apporté.

Il s’agit tout d’abord de se confronter à la construction d’un projet, avec les difficultés connexes, comme la recherche de partenaires. Il souligne que l’aide de la région a été très utile aussi en termes de suivi. En effet, les porteurs du projet doivent aussi justifier de l’avancement du projet.

Yann TOULLEC [7] présente le projet d’une comédie musicale à partir des Misérables de Victor Hugo. Il indique que le projet a été soutenu par la région, par la proviseur du lycée et par la mairie.

Deborah ASSAYG-HEURTEMATTE ajoute que « C’est la faute à Voltaire », la comédie musicale, a fait participer 80 personnes et a nécessité beaucoup de travail. Le groupe a fait appel à des professionnels, notamment à un arrangeur qui a réarrangé les 38 chansons de la comédie musicale. Un extrait de la comédie musicale est projeté.

Yann TOULLEC indique que le groupe aimerait se produire dans d’autres régions. Une présentation aura lieu au théâtre de Poissy à l’automne.

En savoir plus sur le "projet passion" et les actions développées par le Conseil régional d’Ile-de-France.

Région Pays de la Loire : Le conseil régional des jeunes

Chloé LE BAIL [8] indique que le CRJ, créé le 1er avril 2006, vise la démocratie locale et participative. Un CRJ avait déjà été mis en place par François Fillon. Un bilan en a été tiré. Il est ressorti qu’il ne s’agissait que d’un lieu d’apprentissage de la citoyenneté qui ne comprenait que des lycées et des apprentis, en omettant les jeunes travailleurs ou étudiants, par exemple.

Chloé LE BAIL ajoute que la région s’est d’abord demandé : « c’est quoi être jeune en 2006 ? ». La jeunesse actuelle est en colère. Elle vivra moins bien que la génération de ses parents. La région Pays de la Loire veut redonner à la jeunesse son droit à l’avenir car les jeunes ne croient plus en la politique, selon les médias.

Or Chloé LE BAIL estime que les jeunes s’intéressent à la politique mais ne se retrouvent pas dans les cadres traditionnels de l’action publique. Chloé LE BAIL ajoute que les jeunes ont besoin d’espaces pour s’exprimer. Le CRJ regroupe 108 jeunes qui font des propositions sur les politiques publiques, relatives à l’emploi et au transport...

Pierre MONTEL [9] explique que le tissu associatif des Pays de la Loire est très riche et mérite d’être accompagné, notamment en ce qui concerne les associations de jeunes. Il a intégré le CRJ avec cette volonté.

Il estime que le CRJ permet aux associations de bénéficier d’une écoute attentive de la région. Pierre MONTEL insiste sur l’autonomie politique laissée au CRJ. Il salut l’initiative de la région Pays de la Loire

Capucine HAURAY [10] est étudiante et mère de famille. Elle a intégré le CRJ pour trouver un interlocuteur qui puisse répondre à ses questions. Elle signale que le CRJ est un espace de paroles et de création. Reste à construire le CRJ dans sa forme. Pour elle, il s’agit d’une expérience d’engagement très importante.

Le Conseil régional jeunes de la région Pays de la Loire

Le débat qui fait suite à la présentation des expériences est consultable sur le compte rendu du colloque (pages 19 à 21) mis en ligne par l’ARF.

Les différentes interventions et le compte rendu des 10 tables rondes organisées sont également présents sur le site.

Conclusion

Véronique BORDES [11] évoque la diversité de l’expérience de la citoyenneté. La participation citoyenne de la jeunesse, permet de donner la parole aux jeunes, de mettre en avant leurs savoir-faire et de considérer la jeunesse comme une ressource.

La participation citoyenne permet aussi une amélioration de l’estime de soi. En tout état de cause, elle nécessite un accompagnement pour « autoriser » la jeunesse à prendre place dans le jeu social.

Hélène MOUCHARD-ZAY [12] note que les régions sont impliquées dans les questions de la jeunesse. Toutefois se pose la question de savoir de quels jeunes il s’agit, même si les régions souhaitent la participation de tous les jeunes.

Elle souligne que les dispositifs qui fonctionnent sur la base du volontariat risquent d’attirer des jeunes déjà impliqués dans la vie citoyenne. Il convient donc de travailler dans les quartiers envers les jeunes qui n’intègreraient pas aisément les CRJ.

Hélène MOUCHARD-ZAY ajoute qu’il convient de parler des jeunesses et non de la jeunesse. Elle se demande pourquoi créer des CRJ, qui s’adressent à des jeunes, qui sont majeurs. Elle se demande si les jeunes sont consultés pour tous les projets et pas seulement pour les projets les concernant.

Elle s’enquiert aussi des formations mises en place pour ces jeunes, notamment pour parler en public.

Philippe DEPLANQUE [13] est satisfait de l’envie des régions d’agir pour la jeunesse. Toutefois, il se demande quel est l’apport de l’intervention des régions pour l’éducation de la jeunesse, par rapport aux autres collectivités ou à l’Etat.

Philippe DEPLANQUE distingue des interventions « guichet » mais aussi des dispositifs plus inventifs, comme les CRJ, porteurs de sens. En tant qu’acteur associatif, Philippe DEPLANQUE est plus sensible à ces secondes interventions. Selon lui, l’apprentissage de la citoyenneté comprend l’exercice de la citoyenneté, les deux dimensions ne s’opposant pas.

Toutefois, il convient de conserver l’idéal d’universalité et que les dispositifs concernent bien tous les jeunes. Il regrette que l’expérience d’associations qui existent déjà depuis longtemps soit mal utilisée ou peu utilisée par les régions.

Jacques DUFRESNES [14] estime que les projets des jeunes se valent, qu’ils correspondent à une initiative ou s’inscrivent dans un projet politique. En effet, tous les projets passent par trois étapes : une insatisfaction, la fixation d’un objectif et la mise en œuvre. Les trois étapes sont indispensables à la réussite d’un projet. La mobilisation est également nécessaire, permettant au projet de se concrétiser.

Jacques DUFRESNES ajoute que les projets associant les jeunes s’inscrivent dans la formation tout au long de la vie et favorisent l’autonomie. Il souhaite mettre en garde contre une querelle des anciens et des modernes entre les associations et les structures publiques. En effet, une structure doit avant tout s’organiser pour assurer la pérennité des projets qu’elle porte.

Il souligne l’intérêt du dispositif « Aide au développement de la vie associative » du Nord-Pas-de-Calais, dont il souhaite la généralisation dans toute la France. Jacques DUFRESNES se réjouit des actions qui ont été présentées à l’occasion de cette table ronde et qui l’ont enrichi. Enfin, il se réjouit de vitalité des jeunes, qui lui met du baume au cœur

Parmi les textes téléchargeables sur le site de l’ARF, à noter une intervention de Philippe Meirieu :

"Mon intervention portera sur quelques perspectives à discuter. En introduction, je vais insister sur trois notions qui sont l’objet de nombreux malentendus : jeunesse, autorité, citoyenneté." ...

Télécharger le texte de l’intervention de Philippe Meirieu

[1] Ont participé à la table ronde : Marie-Reine FISCHER, Conseillère régionale, Alsace Benoît STEIN, Proviseur Vie scolaire au Rectorat de Strasbourg Stéphanie DE CARVALHO, élève en Première du lycée Bartholdi de Colmar, membre du CAVL et impliquée dans le Mois de l’Autre Jocelyne BALAVOINE, Chef du service actions éducatives, Ile-de-France Elie YAZBECK, Lycéen, projet « Culture et ouverture à l’hôpital libanais Geitaoui » Yann TOULLEC et Deborah ASSAYG-HEURTEMATTE, Lycées, projet « Participation à l’élaboration d’une comédie musicale Chloé LE BAIL, Conseillère régionale, Pays de la Loire Pierre MONTEL, Etudiant, Conseiller régional jeune, Président de la radio universitaire nantaise Prun’ Capucine HAURAY, Conseillère régionale jeune, en formation d’infirmière Jacques DUFRESNES, Président de la CPCA du Nord-Pas-de-Calais Jacques FOUCHER, Directeur des politiques éducatives et de l’équipement, Ile-de-France Philippe DEPLANQUE, Délégué national des « Francas » Véronique BORDES, Chargée de recherches à l’université de Paris X, auteur de Alternatives jeunesse Hélène MOUCHARD-ZAY, Professeur à l’université d’Orléans, membre du réseau des villes éducatives

[2] Marie-Reine FISCHER, Conseillère régionale, Alsace

[3] Benoît STEIN, Proviseur Vie scolaire au Rectorat de Strasbourg

[4] Stéphanie DE CARVALHO, élève en Première du lycée Bartholdi de Colmar, membre du CAVL et impliquée dans le Mois de l’Autre

[5] Jocelyne BALAVOINE, Chef du service actions éducatives, Ile-de-France

[6] Elie YAZBECK, Lycéen, projet « Culture et ouverture à l’hôpital libanais Geitaoui »

[7] Yann TOULLEC et Deborah ASSAYG-HEURTEMATTE, Lycéens, projet « Participation à l’élaboration d’une comédie musicale

[8] Chloé LE BAIL, Conseillère régionale, Pays de la Loire

[9] Pierre MONTEL, Etudiant, Conseiller régional jeune, Président de la radio universitaire nantaise Prun’

[10] Capucine HAURAY, Conseillère régionale jeune, en formation d’infirmière

[11] Véronique BORDES, Chargée de recherches à l’université de Paris X, auteur de Alternatives jeunesse

[12] Hélène MOUCHARD-ZAY, Professeur à l’université d’Orléans, membre du réseau des villes éducatives

[13] Philippe DEPLANQUE, Délégué national des « Francas »

[14] Jacques DUFRESNES, Président de la CPCA du Nord-Pas-de-Calais


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