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Retour sur PISA 2009 : enseignements et précautions dans l’interprétation des résultats

Mis en ligne le lundi 13 décembre 2010.

Ressources jeunesse revient sur les résultats de l’enquête PISA 2009 (programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves) repris cette année abondamment dans les médias, pour aussi rappeler l’importante d’une interprétation adaptée et prudente des données.

- La synthèse de PISA proposée par l’OCDE :

http://www.pisa.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf

Extrait : « Les systèmes d’éducation les plus performants, c’est-à-dire ceux dont les performances sont supérieures à la moyenne et dont les inégalités socio-économiques sont inférieures à la moyenne, assurent l’égalité des chances à l’ensemble des élèves, quel que soit leur milieu socio-économique. » (page 18)

- PISA : les résultats des différents pays (sur le Monde.fr)

- Dix leçons du classement PISA 2009 (sur le Monde.fr)

Extrait :

« Un peu partout, les garçons sont sacrifiés. Une année d’étude. Voilà l’écart entre les garçons et les filles en France en compréhension de l’écrit. Aujourd’hui c’est comme si les filles avaient à 15 ans étudié le français une année de plus que les garçons. Cet écart entre les sexes qui existe partout dans l’OCDE est supérieur à la moyenne dans les pays d’Europe du Nord (hors Danemark). »

- Analyse et revue de presse par Philippe Watrelot [1] :(Chronique Education du 7-12-2010)

Extrait :

« Il y a quelques années Christian Forestier, ancien recteur, ancien président du Haut Conseil de l’Évaluation de l’École, écrivait dans "Que vaut l’enseignement en France ?" (Stock 2007) "Tout se passe comme si le système éducatif français obtenait des résultats excellents avec la moitié de ses élèves et très faibles avec l’autre moitié. Pour les uns, un des meilleurs systèmes au monde, pour les autres, un des plus mauvais des pays développés." (...) Il peut reprendre mot pour mot ses mêmes propos. »

- Luc Chatel (ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative ) : intervention lors de l’émission "Ce soir ou jamais" du 9 décembre 2010 sur France 3 (à partir de la 44e minute de l’émission) :

Extrait :

« L’enquête Pisa met en lumière deux faiblesses du système éducatif français :
- le grand écart entre les élèves en grande difficulté (19,7 %) et une élite étroite constituée d’excellents élèves (9,6 %) ;
- l’influence du statut économique et social des parents sur les résultats de leurs enfants, autrement dit "le déterminisme social". Pour autant le ministère souligne que La France obtient un score qui se situe dans la moyenne des grands pays développés. »

- L’analyse de Philippe Meirieu : Cesser d’arroser là où c’est mouillé (site du Café pédagogique)

Extrait :

« Les résultats de PISA nous donnent des indications sur le niveau de performance des systèmes scolaires, mais, en aucun cas, sur la nature des projets éducatifs des sociétés qui les portent, ni sur le bien fondé politique, pédagogique, éthique des méthodes qu’ils utilisent. On peut obtenir des résultats à peu près identiques et promouvoir des valeurs radicalement différentes, voire opposées. »

- Une méthodologie rigoureuse... mais des résultats à interpréter avec prudence : (PISA : une enquête bancale ?, par Julien Grenet [2] - article de 2008, concernant l’enquête 2006)

Extrait :

« Il faut d’abord garder à l’esprit que malgré le soin mis à la conception et à la conduite de cette enquête, un certain nombre de biais statistiques sont susceptibles de gonfler ou de minorer artificiellement les résultats de certains pays.

La principale source de biais provient de la représentativité de la population d’élèves couverte par les échantillons nationaux. Par définition, la population nationale cible inclut uniquement les jeunes de 15 ans qui sont scolarisés dans un établissement, à l’exclusion des élèves qui ont quitté le système éducatif.

Si cette définition ne pose guère de problèmes dans la plupart pays membres de l’OCDE, où la quasi-totalité des élèves est scolarisée à l’âge de 15 ans, c’est loin d’être le cas pour tous, et a fortiori pour les pays partenaires : alors que l’échantillon utilisé représente près de 97 % des individus âgés de 15 ans, 95 % au Royaume-Uni ou 90 % en France, ce taux n’est que de 55 % au Brésil, 54 % au Mexique (qui fait partie des pays membres de l’OCDE) ou encore 53 % en Indonésie.

Dans ces conditions, confronter les performances de pays dont les échantillons ne couvrent pas la même fraction d’une génération est un exercice hautement périlleux. Les comparaisons devraient donc se limiter aux pays membres de l’OCDE disposant d’échantillons réellement représentatifs. »

Sélection des liens et extraits par Ressources jeunesse (Gérard Marquié)

[1] Enseignant, président du CRAP, Cahiers pédagogiques

[2] Julien Grenet est post-doctorant en économie au Centre for Economic Performance, London School of Economics.


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