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Quelques préalables sur la participation des jeunes

par Valérie Becquet
Mis en ligne le lundi 25 juillet 2005.

Article paru dans le numéro 2 des "Cahiers de l’action" édités par l’Injep

Avant de porter un regard sur la situation de la participation des jeunes à la vie publique locale dans différents pays européens, il est nécessaire de présenter ce que recouvre cette notion. Ce texte tente ainsi d’apporter des éléments de réflexion sur les démarches participatives que représentent les parlements, les forums et les conseils de jeunes au travers des objectifs et des modalités qu’ils partagent. Il ne propose pas une comparaison de la situation des six pays présentés par la suite, ni même une analyse approfondie de la participation des jeunes à la vie publique, mais pose un regard sur cet objet afin de guider le lecteur dans son cheminement européen. Il prend également appui sur une série de travaux qui concernent la situation française mais qui soulèvent des questions permettant de déjà appréhender le sujet. Comme précisé dans le préambule, les travaux étrangers existent, mais ils n’ont pas encore été exploités, ce qui explique leur absence dans ce texte introductif. La première partie est consacrée à la définition de la participation et à son inscription dans les évolutions contemporaines, la deuxième, aux visées des démarches participatives et la dernière, à leurs modalités d’organisation.

Entre pratiques sociales et normes d’action publique

L’intérêt porté à la participation des jeunes à la vie publique locale réclame une clarification de cette notion. L’usage de ce terme s’accompagne souvent du constat de la difficulté à repérer ce qu’il recouvre réellement. Si l’on s’en tient aux définitions proposées par les dictionnaires, la participation est l’action de prendre part à quelque chose ou désigne la part prise à quelque chose. Ce terme se réfère généralement à des champs très divers comme le travail, l’économie, la théologie et la politique..., la participation se présentant comme une pratique ou une méthode. Il reste que l’intérêt porté à la participation des jeunes à la vie publique locale nécessite de situer davantage cette notion. Deux usages peuvent ici retenir l’attention : la participation politique, qui constitue une pratique sociale spécifique et permet de décrire les comportements politiques, et la participation comme norme d’action publique qui sous-tend la création de dispositifs spécifiques.

Dans le champ politique, la participation recouvre l’ensemble des pratiques permises par le fonctionnement démocratique. De manière traditionnelle, il est fait référence aux consultations électorales et aux organisations politiques, syndicales et associatives auxquelles le citoyen est invité à participer. Cette contribution permet de décrire des comportements politiques qui prennent appui sur la possession de compétences et de culture politiques, et définissent un degré plus ou moins élevé de politisation. À cette participation généralement qualifiée de conventionnelle s’adjoignent des pratiques non conventionnelles comme la manifestation, la grève, la signature d’une pétition, le boycott ou l’occupation de lieux qui traduisent une approche protestataire de l’action politique. Ce n’est que récemment que ces pratiques ont été prises en compte dans l’analyse des comportements politiques, la participation politique des citoyens n’était appréciée jusqu’alors qu’à la lumière des comportements prescrits par le régime représentatif1. Or, l’évolution de ces comportements, en particulier la montée de l’abstention aux élections, la baisse des adhésions dans les organisations traditionnelles que sont les partis politiques et les syndicats, l’affaiblissement des passions politiques et l’usage de plus en plus fréquent des répertoires d’actions non conventionnelles, a conduit à ouvrir le spectre d’analyse de la participation politique. Ces transformations sont souvent référées à une crise de la démocratie représentative, à un délitement du lien entre le citoyen et l’État et à une recomposition des cultures politiques qui toucheraient l’ensemble de la population, dont les jeunes.

En Europe, malgré des différences tenant aux histoires nationales, en particulier, pour la période récente, dans les pays de l’Est, les comportements politiques des jeunes reflètent les évolutions constatées3. Les jeunes ont effectivement tendance à être plus abstentionnistes que leurs aînés tout en étant relativement politisés et, surtout, à avoir un usage plus fréquent de l’action protestataire qui traduit leur attirance pour des modes d’action directe jugés plus efficaces. Cette préférence s’explique également par une certaine perte de confiance dans les personnes politiques et par une difficulté à se situer dans le champ politique mais aussi par un attachement à des valeurs et à des causes politiques et sociales comme, par exemple, l’humanitaire, la paix, l’environnement et l’altermondialisme, pouvant conduire à soutenir l’action des ONG, voire à les rejoindre. De tels comportements, bien qu’ils ne soient pas si éloignés de ceux du reste de la population, ont tendance à susciter des jugements relativement négatifs sur le rapport des jeunes à la politique. Il est fréquent d’entendre parler à leur sujet de dépolitisation, d’apathie ou de défection et de considérer qu’ils feraient preuve d’un individualisme qui réduirait leur participation au seul champ de la consommation.

Sont-ce de tels constats qui expliquent le développement dans plusieurs pays européens depuis le début des années 1990 de politiques publiques visant à encourager la participation des jeunes ? Sans pouvoir répondre immédiatement à cette question, il est possible de constater une modification progressive, au moins en France4, des référentiels d’action publique dans le secteur de la jeunesse qui conduit à une valorisation de l’idée de participation. Ainsi, dans les différents secteurs ministériels qui interviennent auprès de cette population (éducation, jeunesse, emploi, justice, ville), on constate un glissement depuis les années 1960 des répertoires de l’éducation et de la protection vers ceux de l’insertion puis de l’exclusion, pour aboutir aux répertoires de la médiation et de la participation, modifiant ainsi les modalités d’intervention auprès des jeunes et de conception de l’action publique. Cette évolution n’est probablement pas propre à la France, le développement de la participation des jeunes étant également à l’agenda politique des cinq pays présentés et des institutions européennes.

En France, la référence à la participation, bien que ce terme ne fasse pas toujours l’objet d’une définition précise et constitue plutôt une notion fourre-tout, renvoie à l’idée d’une démarche active dont l’objectif est d’améliorer l’intégration politique et sociale des individus - dont leur relation aux institutions -, voire de favoriser l’exercice citoyen. Il s’agit de concevoir d’autres modalités d’entrée en citoyenneté en réponse aux dérèglements repérés au niveau du rapport aux institutions et aux procédures démocratiques et à la fragilisation des liens sociaux et des processus d’intégration. Or ces dimensions structuraient jusqu’alors la relation entre les individus, la société et l’État et par conséquent l’inscription citoyenne des individus. De telles politiques publiques encouragent les démarches participatives et soutiennent les initiatives individuelles et collectives des jeunes.

À bien des égards, elles s’inscrivent dans une évolution plus globale qui tente de redessiner le rapport entre les gouvernants et les gouvernés. Le recours de plus en plus fréquent au débat public et la recherche d’une implication d’acteurs divers dans la prise de décision publique en témoignent. Ainsi se multiplient en Europe les procédures d’informations, de consultations ou de concertations à des niveaux territoriaux variés et sur des questions d’aménagement et de société5. Qu’il soit question de démocratie participative, de démocratie directe ou de démocratie délibérative, sans que ces termes recouvrent exactement la même chose, la recherche d’un autre rapport politique, plus immédiat, traverse nos sociétés. Il n’est pas certain que ces expériences répondent aux déceptions citoyennes engendrées par les modalités du fonctionnement démocratique ni même que ce soit leur rôle. Les jeunes bénéficient de dispositifs spécifiques qui les invitent à participer ou qui affirment reconnaître leur désir de participation et contribuent à la construction de leur expérience politique. Ce sont ces dispositifs que recouvre la notion de participation des jeunes à la vie publique. Laissant de côté la participation politique traditionnelle et protestataire, il sera ainsi essentiellement question des expériences qui relèvent de la démocratie participative.

Les autres thèmes abordés dans cet article :

- Trois visées : le politique, le gestionnaire et l’éducatif

- Une forte variation des modalités : Quelle initiative ?, Quelle organisation ?, Quels territoires ?

pour consulter l’article de Valérie Becquet dans son intégralité : télécharger au format pdf :

PDF - 166.1 ko

Article extrait de la publication “les Cahiers de l’actions” n°2 : “La participation des jeunes à la vie publique locale en Europe”, sous la direction de Valérie Becquet. Editée par l’INJEP : cahiersaction@injep.fr,

SUR INTERNET Le site d l’Association nationale des conseils municipaux d’enfants et des jeunes


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