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Pratiques et usages des jeunes en matière d’information

Résultats d’une étude réalisée en Seine-Saint-Denis
Mis en ligne le vendredi 29 décembre 2006.

A l’initiative de l’Injep et avec le soutien du MJSVA [1], une étude vient d’être réalisée sur thème des « pratiques et usages des jeunes en matière d’information » par le cabinet Vérès consultants [2].

Les initiateurs de l’étude étaient partis du principe qu’ aujourd’hui, on relève peu d’études sur les pratiques et les usages des jeunes en matière d’information, sur leur vécu de l’accès à l’information, leur utilisation de l’offre, leurs attentes, la production et la circulation d’information par les jeunes...

Le cabinet Vérès consultants a donc été chargé par l’Injep de réaliser une enquête exploratoire sur le territoire d’une ville importante de Seine-Saint-Denis. L’étude s’inscrit par ailleurs dans une démarche de long terme qui devrait concerner plusieurs villes ou territoires.

L’étude, mise en oeuvre depuis mai, s’est déroulée jusqu’en décembre 2006. Elle s’est appuyée sur une démarche participative associant des jeunes et des professionnels du territoire concerné.

Le domaine de l’orientation, de la formation et de l’insertion

L’information étant un champ transversal, il a fallu circonscrire l’exploration et c’est le domaine de l’orientation, de la formation et de l’insertion qui a été retenu.

Les axes de l’exploration ont été les suivants :

1°/ L’accès à l’information. 2°/ La connaissance et les perceptions de l’offre d’information, des différentes sources et des supports. 3°/ L’appropriation et la mobilisation de l’information. 4°/ La production d’information par les jeunes. 5°/ L’exploration des besoins, explicites et implicites, des attentes et des suggestions.

La méthodologie :

Il s’agit d’une démarche qualitative qui, du fait de sa nature exploratoire, combine plusieurs approches :

- Des entretiens approfondis avec un échantillon de jeunes : 34 jeunes ont été interviewés, 17 garçons et 17 filles, de 15 à 20 ans, habitant tous la ville où l’étude a été réalisée. [3]

- Des entretiens avec des acteurs institutionnels et des professionnels : responsables SMJ, PIJ, CIO, Mission locale, bibliothèques, service du développement économique, élue à la jeunesse, Conseillers d’orientation psychologues, chefs d’établissements scolaires, documentalistes, Conseillers principaux d’éducation, conseillers en Mission locale, responsables de centres de formation, de clubs de sports.

- De l’observation participante dans différents sites : le PIJ, la Mission locale, le CIO, deux CDI, l’ANPE, la Cité des métiers.

- Un partenariat d’étude avec quelques jeunes de la ville, de 20 à 25 ans : dans le but de donner à cette étude une dimension participative, trois jeunes partenaires ont travaillé avec Vérès Consultant : en amont, ils ont été consultés sur le guide d’entretien ; puis retour des premiers résultats intermédiaires de l’enquête leur a été communiqué. Ils ont également fait part de leurs analyses et formulé des suggestions.

Quelques idées forces extraites des résultats de l’étude

- L’information (dans le domaine choisi dans le cadre de l’étude) est une préoccupation centrale pour les jeunes de l’échantillon.

- Les sources essentielles sont connues et utilisées par une majorité. Les sources Onisep (brochures, fiches et site) sont, par exemple, bien connues de tous, très utilisées et très souvent appréciées.

- Des sources plus généralistes sont très utilisées : Les bibliothèques municipales, la télévision, le journal municipal.

- Internet est omniprésent dans les pratiques informationnelles de ces jeunes de 15 à 20 ans, et il l’est de plus en plus : pour beaucoup de jeunes de l’échantillon, la pratique d’Internet s’est intensifiée ces deux dernières années. Et les modalités d’utilisation, les domaines recherchés, les modes de navigation, comme pour les adultes encore, ont beaucoup changé. Les limites d’Internet et des déceptions sont aussi pointées.

- Les jeunes expriment le besoin de pouvoir se représenter le métier en action, dans sa réalité quotidienne :

• D’où l’attrait pour eux des logiciels de test ou d’orientation.

• D’où la place très importante que tous accordent aux stages et aux différentes modalités de découverte des métiers.

• D’où également, leur recherche de rencontres de visu avec des professionnels en entreprise.

• D’où enfin, l’attrait pour les salons et les forums des métiers.

Les jeunes ont de fortes attentes au niveau relationnel et en matière d’écoute :

- Les motifs de satisfaction exprimés par les jeunes mettent presque toujours en avant une qualité, soit de l’interaction à propos de l’information, soit du contexte relationnel dans lequel les démarches d’information se déroulent. Par exemple, il apprécient et tirent meilleur profit des service fournis :

• Quand les professionnels (enseignants, COP, informateurs, CPE, parents, etc.) prennent le temps. (...)

• Une ouverture dans l’interaction, ce qui recouvre ici aussi deux dimensions : d’une part, « Quand on peut poser toutes les questions », et d’autre part, la possibilité de faire retour vers l’interlocuteur, de lui donner son feed back.

• Un savant dosage « d’encadrement », c’est un mot qui revient souvent, et de liberté.

- Les jeunes donnent une priorité aux adultes croisés quotidiennement, avec la conséquence que beaucoup repose sur les "relais non spécialisés" : C’est par les interlocuteurs adultes du quotidien que passent les informations les plus déterminantes : professeurs principaux, professeurs « préférés », CPE, surveillants, entraîneurs sportifs, éducateurs, animateurs du SMJ, etc.

Le rôle essentiel des pairs

- Les camarades et les frères et sœurs sont souvent cités comme première source d’information. Et plusieurs jeunes s’adressent exclusivement à des pairs pour s’informer. Les pairs sont relais d’information, ils jouent un rôle central dans la mise en relation avec les personnes et les lieux ressources.

Conclusions stratégiques, enjeux et pistes de réflexion

En amont des conclusions et pistes de réflexions proposées par le cabinet Vérès consultants, les auteurs de l’étude estiment qu’une réévaluation de la place de l’information s’avère nécessaire.

Le champ de l’information : révélateur et levier d’action

Les démarches d’information sont, d’une manière générale, peu valorisées par rapport à d’autres démarches plus « nobles » (conseil, enseignement, accompagnement), et souvent perçues comme chronophages, coûteuses et compliquées.

Sans compter la nécessité de vérifier en permanence la fiabilité et l’actualité de ce que l’on trouve. Il ne faut pas s’étonner, dès lors que les jeunes ne s’y prennent pas toujours de façon efficace ni précoce, ils ont des comportements qui ne sont pas fondamentalement différents des adultes lorsqu’ils remettent à plus tard (donc s’informent la plupart du temps dans l’urgence), choisissent la méthode la plus facile, se renseignent d’abord auprès de leur entourage, ne s’interrogent pas sur l’identité de la source, etc.

Or, à l’heure actuelle, où nous entrons dans « l’ère de l’information », le champ de l’information n’est pas (ou plus) un champ annexe. L’enquête montre d’ailleurs qu’il est, au même titre que les autres champs, un concentrateur, un révélateur et un levier d’action.

Et elle nous rappelle avec force qu’il y a une imbrication entre différentes dimensions (de connaissance, relationnelles, spatiales, temporelles et technologiques), et qu’il n’y a pas simplement une bonne ou une mauvaise information, une information utile ou inutile, pertinente ou aberrante, mais que cela s’évalue en fonction de toutes ces dimensions.

Quatre axes de conclusions stratégiques sont proposés, Ils s’appuient sur des diagnostics qui sont la résultante du croisement,
- d’une part, des analyses portées par les différents acteurs, que ce soit les jeunes, les professionnels de l’information et de l’insertion, les équipes éducatives ou les jeunes partenaires de l’étude,
- et d’autre part, des propres observations et analyses des auteurs de l’étude.

1/ Une continuité dans l’information (Beaucoup se joue bien avant 15 ans, il y a lieu de sensibiliser les jeunes en amont ... l’enquête montre aussi l’importance de l’information après l’orientation)

2/ L’importance des supports et de l’Internet L’ étude montre le rôle majeur, à cet âge, du support dans l’utilisation et dans l’appropriation de l’information. Il s’agit ici du support au sens large, dans ses différentes dimensions : attractivité, maniabilité, lisibilité, coût, niveau de langage et terminologies, organisation et outils de repérage dans un document ou un corpus, qu’il soit papier, audiovisuel ou électronique...

3/ Les compétences et le maillage entre les adultes (Nécessité d’améliorer les compétences informationnelles des divers adultes en contact quotidien avec les jeunes)

4/L’articulation entre information, conseil, accompagnement et communication sur l’information (Proposer des lieux plus faciles à utiliser en autonomie,plus adaptés et plus accessibles. Reconnaître et améliorer la circulation des informations entre jeunes. Susciter une participation beaucoup plus systématique et légitimée des jeunes à la conception, à la production et à l’organisation de l’offre d’information...)

Extraits de la synthèse de l’étude réalisée par Cécile DELESALLE, avec la collaboration de Sophie GOVINDASSAMY

Synthèse de l’étude (26 pages)

PDF - 666.5 ko

Contact Injep : Gérard MARQUIE
- marquie@injep.fr

[1] ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative

[2] Un comité de pilotage a par ailleurs accompagné la réalisation de cette étude conduite par L’Injep. Il était notamment composé de représentants : de la Ville où s’est déroulée l’étude (service municipal jeunesse) du cabinet Vérès consultants, du MJSVA, du CIDJ, du CNJ, d’une conseillère d’orientation psychologue, d’une universitaire.

[3] L’échantillon a été construit de manière à représenter, d’une part, les différentes quartiers de la ville et, d’autre part, les situations différentes des jeunes de cette tranche d’âge : scolarité en collège (5), scolarité en lycée (général, technologique, professionnel) (12), BEP (8), CAP (4), Enseignement supérieur (2), déscolarisés et sans insertion aucune (3). Les autres critères retenus sont les CSP des familles et les niveaux de pratiques en matière d’information (3 niveaux : pratique intense avec production, pratique moyenne et pratique rare ou absente).


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