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Les trajectoires d’emploi des animateurs socioculturels

Une recherche menée par Yves de Curraize et Francis Lebon
Mis en ligne le jeudi 20 novembre 2008.

Document de travail concernant les résultats d’une enquête analysant les trajectoire professionnelles des animateurs socioculturels. Ce travail s’appuie sur 13 enquêtes Emploi de l’Insee dans la période 1990-2002.

Un recheche menée par Yves de Curraize (chargé de recherche à l’Injep) et Francis Lebon (sociologue, maître de conférence à Paris XII)

Extraits :

« La précarité, qui affecte une part croissante de la population, s’inscrit dans un mode de domination caractérisé par un état généralisé d’insécurité sociale. Elle touche de nombreux aspects de la vie sociale et ne se réduit donc pas à la seule sphère professionnelle (précarité des rapports conjugaux et familiaux, précarité des conditions de vie, etc. ). Elle évoque ainsi l’instabilité, l’incertitude, mais aussi parfois un « choix ».

Cette notion floue, du fait de la diversité de ses usages sociaux et scientifiques, renvoie à la discontinuité et/ou à la faiblesse des revenus (c’est-à-dire à la pauvreté), à l’insécurité statutaire et à des formes d’indignité sociale . Si la précarité des animateurs est sans commune mesure avec celle de populations désaffiliées, le groupe professionnel des « animateurs socioculturels et de loisirs » (désigné ainsi par l’INSEE depuis 1982) est cependant marqué par un niveau exceptionnel de précarité de l’emploi .

Au regard de cette « précarité » des statuts d’emploi dans l’animation socioculturelle, analyser la trajectoire des animateurs constitue un enjeu scientifique et professionnel important. En effet, présenter la morphologie d’un groupe professionnel à un instant donné correspondait a une sociologie « statique » qui montre comment se distribue une population, sa composition par sexe, par âges, etc. Que l’on s’inquiète des possibilités de progression dans l’animation, que l’on fasse état des sorties précoces de l’espace professionnel ou que l’on s’intéresse aux processus de professionnalisation par la qualification ou l’expérience, bon nombre d’interrogations renvoient à une problématique de parcours et invitent ainsi à une sociologie dynamique qui pense l’évolution des individus dans le temps.

Contrairement à d’autres secteurs de l’action sociale, les carrières ne semblent pas univoques et tubulaires dans l’animation. Il existe très peu de barrières à l’entrée et le profil des entrants est donc très diversifié. La gestion des ressources humaines est peu formalisée et régulée dans les structures de l’éducation populaire ; elle est aussi à la merci des aléas budgétaires via les subventions. Il n’y a donc pas de modèles de carrière dans l’animation. La qualification y est encore différée voire inexistante : ce n’est qu’une fois l’expérience accumulée que les individus cherchent la reconnaissance du diplôme de métier. Enfin, les sorties du secteur semblent nombreuses sans que l’on sache exactement dans quelles branches les professionnels recyclent leurs compétences acquises.

Bien que la profondeur temporelle relativement courte de notre panel ne permette pas d’analyser de véritables carrières, nous pouvons néanmoins nous appuyer sur les trois axes d’analyse auxquels ce thème renvoie :

-  les « carrières vécues », au sens où elles sont rapportées par ceux qui les vivent ou qui les ont vécues. Sont rassemblées ici les techniques des histoires ou récits de vie, les enquêtes ethnographiques, mais aussi les analyses de satisfaction et les analyses de la construction des stratégies individuelles de gestion de la carrière personnelle ;
- les « carrières objectivées » qui regroupent les analyses sociologiques et démographiques qui retracent les formes historiques précises qu’ont prises les carrières effectives. Les outils mobilisés sont plus souvent de type statistique ;
- les « carrières négociées » qui renvoient aux analyses centrées sur l’élaboration et la gestion des normes, notamment juridiques, qui structurent les systèmes de gestion des carrières. Les méthodes utilisées ici sont celles qui ont cours dans les analyses de relations professionnelles, tant dans l’étude de l’évolution des textes normatifs que pour rendre compte des jeux, interactions et conflits d’acteurs autour de la gestion collective de ces normes . » (...)

Télécharger le document de travail (16 pages)

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Les trajectoires d’emploi des animateurs socioculturels
Une recherche menée par Yves de Curraize et Francis Lebon

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