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Des disparités dans la mise en oeuvre du Fonds d’aide aux jeunes

une enquête de terrain présentée par Patricia Loncle
Mis en ligne le jeudi 23 avril 2009.

Extraits de l’audition de Patricia Loncle [1], présentée sur le site du Sénat :

Depuis le 1er janvier 2005, le Fonds d’aide aux jeunes (FAJ) [2] , décentralisé, relève de la responsabilité des présidents de conseils généraux. Le département finance le fonds, fixe les modalités de son fonctionnement et de l’attribution des aides. Les demandes, effectuées auprès des services sociaux du département ou de la commune, des missions locales et des permanences d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO), sont traitées par des commissions locales d’attribution.

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Audition de Patricia Loncle, enseignant-chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique, le 14 avril 2009 au Sénat

Après avoir présenté la méthodologie mise en oeuvre dans le cadre d’une enquête de terrain menée auprès de six départements, hétérogènes du point de vue de leurs caractéristiques démographiques et politiques, Patricia Loncle a notamment indiqué que l’enquête a révélé une appropriation différenciée du dispositif selon les départements. Ces disparités révèlent des degrés d’investissement hétérogènes dans les politiques en faveur des jeunes.

« Les points suivants sont notamment remarquables :

- la dotation du FAJ n’est pas proportionnelle au nombre de jeunes résidants dans un département donné ;

- l’ampleur des modifications apportées par les départements aux règlements intérieurs des FAJ est un bon indicateur de la place accordée à ce dispositif : les conseils généraux ayant procédé à des modifications importantes sont ceux qui considèrent le FAJ comme un outil de promotion de leur action et comme un instrument de renforcement des politiques en faveur des jeunes ;

- l’articulation du FAJ avec les autres instruments existants est variable : dans deux départements étudiés, il est conçu comme un outil isolé car l’insertion des jeunes ne représente pas un enjeu politique local ;

dans deux autres départements, il sert de support à la construction d’une véritable compétence en matière de politique de la jeunesse ;

enfin, dans les deux derniers départements étudiés, il est considéré comme un instrument de renforcement de la politique départementale en faveur de la jeunesse. Dans cette dernière configuration, un élu est chargé du suivi du dossier, les services ont été réorganisés et des efforts de décloisonnement ont été réalisés ;

- enfin, il existe plusieurs degrés de coopération entre collectivités : si les relations avec la région et l’Etat sont généralement réduites, les liens avec les communes sont plus fréquents, pouvant aller jusqu’à un co-pilotage du dispositif. Les missions locales, dont le rôle est inscrit dans les processus de décision et de gestion du FAJ, constituent le pivot du dispositif.

Dressant un bilan de cette enquête, Mme Patricia Loncle a montré qu’elle révélait l’existence d’un clivage sur la « philosophie » du dispositif, se traduisant par de fortes inégalités d’accès à l’aide sur le terrain.

 »

(...)

En conclusion, Patricia Loncle « a regretté les disparités observables dans la mobilisation du FAJ, dans un contexte de précarisation grandissante des parcours juvéniles. Dans les départements prenant le moins en compte la dimension sociale du FAJ, une diminution des enveloppes financières et un durcissement des critères d’attribution sont observés.

Dans l’un des départements étudiés, seulement 59 % des crédits du FAJ ont été dépensés en 2007. De façon générale, la décentralisation a accentué l’hétérogénéité du dispositif, créant des inégalités d’accès dommageables, alors que le FAJ constitue, pour les professionnels travaillant auprès des jeunes en grande difficulté, un support essentiel et unique de la stabilisation des parcours d’insertion.

 »

Pour Patricia Loncle, il est cependant illusoire d’envisager un retour à un modèle centralisé. L’Etat doit néanmoins jouer un rôle d’information et de régulation.

A la fin du débat organisé avec les membres de la commission, Patricia Loncle a estimé que la réussite du Fonds d’aide aux jeunes « dépendait de la qualité des partenariats locaux. Enfin, approuvant l’idée d’une aide financière à l’intention de l’ensemble des jeunes, elle a estimé qu’un dispositif de ce type constituerait une stimulation mobilisatrice. »

Extraits par Ressources jeunesse

Regarder la vidéo :

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Patricia Loncle
"Les disparités observables dans la mobilisation du FAJ, dans un contexte de précarisation grandissante des parcours juvéniles sont regrettables".

Compte rendu de l’intervention de Patricia Loncle et débat en ligne sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/bulletin/20090413/jeunes.html

A propos de Patricia Loncle

- Pourquoi faire participer les jeunes ? (un ouvrage paru dans la collection "Débats jeunesse" édité par l’Injep) : extrait de l’ouvrage sur "Ressources jeunesse"

http://ressourcesjeunesse.fr/La-participation-locale-des-jeunes.html ?var_recherche=loncle

- La question du rôle des jeunes dans un contexte de changement social : (Un programme Erasmus d’étude intensif du 1er au 14 juin 2009 à Tübingen - Allemagne) :

http://ressourcesjeunesse.fr/La-question-du-role-des-jeunes.html ?var_recherche=loncle

- Le rôle éducatif des politiques publiques de jeunesse (Extraits du compte rendu d’une table ronde organisée lors de "Neujpro 2008" à Vichy) :

http://ressourcesjeunesse.fr/Le-role-educatif-des-politiques.html ?var_recherche=loncle

[1] Patricia Loncle, enseignant-chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), spécialiste des politiques de jeunesse en Europe et de la territorialisation des politiques sociales

[2] Créé de façon expérimentale en 1989 dans le sillage du Revenu minimum d’insertion (RMI), puis rendu obligatoire en 1992 sur l’ensemble du territoire, le FAJ s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans éprouvant de graves difficultés et disposant de très peu de ressources financières. Il permet l’attribution de trois formes d’aide :
- un secours temporaire pour faire face à des besoins minimaux et urgents ;
- une aide financière à la réalisation d’un projet d’insertion ;
- des actions d’accompagnement dans le cadre d’une démarche d’insertion sociale ou professionnelle.


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