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Les choix d’orientation, un sujet complexe pour les jeunes

Mis en ligne le dimanche 15 mars 2009.

Extraits d’une étude intitulée "Choix d’orientation : jeux de hasard, stratégies ou processus bien préparé ?" Dans cette étude [1], le BIOP (Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris) a choisi de prendre la question des choix d’orientation des jeunes comme support d’analyses et de réflexions.

Dans cette étude, le BIOP a choisi de prendre la question des choix d’orientation des jeunes comme support d’analyses et de réflexions. Cet angle d’approche permet d’identifier ce qui entre en jeu dans le processus de choix. En même temps, il permet de mettre en évidence les nombreux aspects des insatisfactions actuelles concernant l’orientation scolaire et professionnelle en France, encore tout dernièrement relevées par le COE (Conseil d’Orientation pour l’Emploi).

L’étude réalisée par le BIOP s’appuie notamment sur une enquête par entretiens qualitatifs réalisés auprès de jeunes âgés de 15 à 24 ans ayant réalisé un bilan d’orientation au BIOP en 2007.

L’étude rappelle que s’il y a malaise en matière d’orientation aujourd’hui , l’organisation du système éducatif actuel et sa dimension sélective et élitiste en portent une large part de responsabilité : « L’ orientation fonctionnant sur le principe d’une sélection scolaire ainsi que d’un élitisme qui ont tendance à exclure les élèves les moins adaptés au système scolaire, et qui poussent les autres à mettre les notes et/ou la réussite scolaire, spécifiquement en mathématiques, au coeur de leurs préoccupations et de leurs projets d’orientation. »

Les témoignages de jeunes recueillis « montrent à quel point les jeunes ont intégré une hiérarchie dans les filières pour leurs choix d’orientation. Cette hiérarchie tend à privilégier et valoriser les filières générales, au détriment des filières professionnelles et même technologiques. »

On pourrait aussi rajouter que cette hiérarchie va jusqu’à peser au sein des filières générales et au sein même de la filière scientifique générale ou l’abstraction prime sur les enseignements plus concrets.

Il parait donc important que « les pouvoirs publics se posent la question de cet "élitisme" à la française (et de la place prise par les mathématiques dans cet élitisme) afin d’envisager une orientation qui s’appuierait sur la prise en compte de plusieurs types de compétences, et qui revaloriserait ainsi un grand nombre de filières et par là même un grand nombre de choix d’orientation. »

Ainsi, l’orientation scolaire et professionnelle en France souffre, selon ces deux auteurs, « d’un fonctionnement mécanique et déshumanisé, dans lequel est notamment oublié un élément fondamental si l’on tient à la rendre plus orientante : l’orientation est à envisager comme un processus psychologique personnel de maturation, qui nécessite du temps, de la réflexion, des tâtonnements, de l’échange et de l’apprentissage ainsi qu’un suivi. Ce suivi est, selon nous, d’autant plus important que

- Ce processus est particulièrement peu naturel à l’âge de l’adolescence,
- Ce processus s’inscrit aujourd’hui en France dans une réalité scolaire, sociale, économique et politique complexe qui tend à influencer, quand ce n’est pas « biaiser » les choix d’orientation selon des logiques peu maîtrisables par un grand nombre d’élèves (et leur famille). »

Les auteurs rappellent « que les adolescents français sont confrontés à une double difficulté dans leurs choix d’orientation. D’une part, ils sont confrontés à la difficulté de prendre des décisions importantes à un âge où cela n’est pas naturel pour eux et dans un cadre scolaire qui ne tient pas suffisamment compte des spécificités de la psychologie adolescente ni du fait que l’orientation nécessite à cet âge une préparation soutenue et suivie dans le temps.

D’autre part, ils sont confrontés à la difficulté de faire face à un contexte typiquement français qui a l’inconvénient de ne pas rendre les choix d’orientation simples, évidents, réellement personnels et objectifs parce qu’il implique de tenir compte de nombreuses contraintes et hiérarchisations dont on peut se demander si elles sont toutes légitimes.  »

Dans leur conclusion, les auteurs en appellent à « l’importance d’une préparation aux choix qui soit, au niveau national, pleinement intégrée aux programmes scolaires, non pas au travers des différentes disciplines comme l’a prévu la circulaire de 1996, mais en tant que discipline à part entière.  »

Gérard Marquié

Consulter, télécharger l’étude :

http://www.biop.ccip.fr/upload/pdf/Etude-orientation-jeunes-2008.pdf

A lire aussi à consulter sur le même thème :

- présentation de l’étude sur le site du Café pédagogique :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/03/13032009Accueil.aspx

- Textes, interventions sur le site de Bernard Desclaux :

http://bdesclaux.jimdo.com/

- Différentes études réalisées par l’Injep sur l’information des jeunes dans leur orientation et leur parcours personnel :

http://ressourcesjeunesse.fr/Orientation-remettre-les-jeunes-au.html

- Orientation et construction identitaire, un entretien avec Monique Ronzeau paru dans les cahiers de l’action :

http://ressourcesjeunesse.fr/Orientation-et-consruction.html ?var_recherche=ronzeau

[1] Etude réalisée par Sylvie Kitabgi sous la direction de Michèle Dain


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