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Le rôle éducatif des politiques publiques de jeunesse

Extraits du compte rendu d’une table ronde organisée lors de "Neujpro 2008" à Vichy
Mis en ligne le dimanche 1er mars 2009.

Extraits de la séance plénière qui s’est tenue en octobre 2008 lors des 7e rencontres nationales des professionnels et élus de la jeunesse à Vichy (7e Neujpro), sur le thème : "comment asseoir les politiques publiques de jeunesse dans le temps ?".

Les rencontres des professionnels et élus de la jeunesse sont organisées par le conseil général de l’Allier.

La séance plénière réunissait :

- Patricia LONCLE, Politologue
- Philippe DEPLANQUE, Président du Comité national des associations de jeunesse et d’éducation populaire.
- Jean-Claude RICHEZ, directeur de l’unité recherche et formation à l’INJEP
- Bernard POZZOLI, Vice-Président du Conseil général de l’Allier chargé de l’enseignement, de la jeunesse et des transports scolaires

(...)

Bernard POZZOLI : (vice-président du conseil général de l’Allier)

Ces réunions du Neuj Pro sont très importantes, car les « politiques », quand ils arrivent, n’ont pas de réponse toute faite, et surtout pas de réponse miracle ; il faut que l’on puisse s’appuyer sur des réseaux, s’appuyer sur des associations, s’appuyer sur des structures qui oeuvrent dans le domaine de la jeunesse, qui sont au contact des jeunes ; car les politiques de la jeunesse, nous n’allons pas les définir dans un bureau, en se réunissant entre responsables d’institutions ; il faut pouvoir les adapter, perpétuellement ai-je presque envie de dire ; car les problèmes que rencontrent les jeunes, et leurs aspirations aujourd’hui, ne sont pas les mêmes que ceux d’il y a 10 ans, 5 ans ; ce ne seront peut-être pas les même en 2011, effectivement.

(...)

Philippe DEPLANQUE (Président du Comité national des associations de jeunesse et d’éducation populaire. : CNAJEP)

Pour les associations de jeunesse et d’éducation populaire, la dimension éducative dans son acception la plus large, comme processus permettant, favorisant notamment l’émancipation et l’autonomie, est au coeur de nos démarches de travail ; en exprimant cette ambition et à partir de cette vision de la jeunesse que j’évoquais tout à l’heure, vision positive, portée par des jeunes eux-mêmes, qui nous le rappellent régulièrement …

Je veux préciser tout de suite que le champ couvert par la coordination concerne bien sûr des associations qui s’adressent aux jeunes, qui développent des actions en direction des jeunes, mais qui concernent aussi des associations qui vivent par les jeunes, qui impliquent des jeunes directement.

Marc Alexis ROQUEJOFFRE : (animateur su débat : journaliste) Qui les font devenir citoyens.

Philippe DEPLANQUE :

Qui les aident effectivement à progresser ou avancer en tout cas vers une autonomie plus forte, une forme d’émancipation, et sans doute une forme de citoyenneté active ; c’est cette rencontre qui est riche, entre ceux qui peuvent être peut-être plus institutionnellement en charge de politiques publiques pour une part, mais aussi de politiques associatives, en direction de réponses, de propositions, et les jeunes eux-mêmes qui rappellent leurs exigences, rappellent éventuellement leurs inquiétudes, et rappellent leur souci de faire que cela se définisse avec eux, concrètement, dans un espace que nous dirons de débat, de partage en tout cas, qui peut se vivre dans le champ associatif, pour nous.

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séance plénière : Neujpro 2008
de gche à dte : Jean-Claude RICHEZ, Bernard POZZOLI, Patricia LONCLE, Philippe DEPLANQUE

Jean-Claude RICHEZ : (Directeur de l’unité recherche et formation à l’INJEP)

Je rebondis juste sur la question de la dimension éducative ; je pense que c’est une dimension absolument essentielle, mais il faut bien s’entendre aussi sur ce que l’on entend par « éducatif », c’est-à-dire que l’éducatif qui va être mobilisé dans les politiques de jeunesse n’est pas le même éducatif que celui qui est mobilisé dans le système scolaire ; on a un espace, et en France, je pense que c’est un enjeu absolument essentiel, de ce que l’on appelle l’éducation non formelle et l’éducation informelle.

Cette éducation non formelle, donc en dehors du cadre scolaire, mobilise des façons de travailler radicalement différentes ; on n’est pas du tout dans un dispositif, et il ne peut fonctionner que si l’on sort du dispositif « maître-élève », celui qui sait, celui qui ne sait pas ; l’éducation non formelle a un sens, elle est à mon avis absolument essentielle, à condition de se mettre en situation d’accompagner des jeunes dans la reconnaissance, la valorisation et la qualification de compétences qu’ils ont acquis, qui ne trouvent pas d’expression en dehors du cadre scolaire, ou qui ne sont pas reconnues dans l’institution scolaire.

C’est cela qui fait l’importance de l’éducation non formelle, si bien que l’animateur n’est pas du tout dans la même position que le professeur ; effectivement, il doit être plutôt dans une position d’accompagner les jeunes dans leurs expériences ; on sait qu’aujourd’hui en effet, dans les modalités de socialisation des jeunes, l’expérimentation est quelque chose d’absolument essentiel ; la position de l’animateur est donc bien celui qui accompagne un jeune dans son expérimentation, sans se substituer à lui, il n’est pas devant, il n’est pas un guide, il est à côté, et quelque part, il sécurise cet espace.

Marc Alexis ROQUEJOFFRE

On peut alors vous demander jusqu’où doit aller cet accompagnement ?

Jean-Claude RICHEZ :

La limite est la non-substitution à l’initiative du jeune ; il doit laisser le jeune en situation d’expérience ; ce n’est pas lui qui fait l’expérience, mais le jeune ; je pense que cela trace une ligne, une posture professionnelle pour l’animateur ; cela me semble absolument essentiel car en France, nous savons être dans un système de sur-valorisation de l’instance scolaire, de l’éducation formelle ; l’éducation formelle a tendance à envahir tous les espaces de la vie sociale des jeunes et donc, d’escamoter ce moment essentiel ; c’est ce que François de SINGLY appelle « où on n’est plus le fils de, ou l’élève de », mais où on peut se construire comme sujet autonome, ce qui renvoie à ce que nous avons dit tout à l’heure à propos des définitions de la jeunesse. Cela me semble quelque chose de tout à fait essentiel.

Patricia LONCLE : (Docteur en sciences politiques. Chargée de recherches à l’Ecole nationale de la santé publique.)

Sur l’accompagnement, pour rebondir, il me semble qu’il faut bien avoir en tête qu’aujourd’hui en Europe, les jeunes ont affaire à une individualisation de plus en plus marquée des parcours, à des exigences de réflexivité, de capacité de réaction très grande, de construction de biographie (c’est ce qu’a dit Monsieur RICHEZ) ; ils sont face à des incertitudes, dans leur construction de trajectoire, qui sont de plus en plus grandes, donc de phénomènes d’aller, retour, etc.

Et même si l’on est face à un Conseil général qui insiste sur le fait que sa jeunesse doit être perçue comme une population ressource, on est face aussi à des perceptions sociales, pour la France, qui sont quand même plutôt négatives, où la jeunesse est aussi perçue, à d’autres endroits, comme une menace, comme une population à protéger, voire, je sors de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, comme une maladie, comme une population potentiellement délinquante.

Par rapport à ce que disait Monsieur RICHEZ sur l’institution scolaire et sa sur-valorisation par rapport aux savoir informels, quand on regarde les valeurs des jeunes Français, il est vrai que l’on a une population très pessimiste, assez peu confiante vis à vis de ces institutions.

(...)

Lire le compte rendu de l’ensemble de la table ronde :

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Neujpro 2008
Séance plénière organisée sur le thème : "comment asseoir les politiques publiques de jeunesse dans le temps ?"

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