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Intervention

La participation des jeunes

Mis en ligne le mardi 30 août 2005.

Limoges, Mai 2005 [1]

par Bernard Bier Unité Recherche Etudes Formation INJEP bier@injep.fr

Cet exposé s’organisera autour de deux temps : une approche historique ("L’émergence récente de la question de la participation"), une réflexion plus opérationnelle ("Agir en faveur de la participation des jeunes"). Mais quelques remarques préliminaires s’imposent :

- Parler de participation des jeunes renvoie d’une part à une réalité sociale ou sociologique (quelles sont les pratiques et modalités d’inscription sociale des jeunes ?), d’autre part à une dimension politique, une nouvelle" norme de l’action publique.

- La participation fait aujourd’hui, semble-t-il, consensus : appel généralisé voire injonction à participation, culture discursive du projet, "semaine de l’engagement", "Envie d’agir ?", Défi jeunes ...

Mais une telle question aurait-elle été audible il y a un siècle ? Pourquoi ce changement ? Et derrière ce consensus (apparent), y a-t-il accord sur le contenu et les objectifs ? En effet le terme peut recouvrir des réalités divergentes : une participation obligatoire (totalitarisme), une participation "spontanée" (manifs, raves..), une participation "instrumentalisée" (le discours des politiques de discrimination positive années 80), etc.

- Donc, appeler à une participation juvénile est inséparable d’une interrogation sur les valeurs, la conception de la jeunesse et de l’éducation, la conception de l’organisation sociale/politique, le rôle de l’Etat, des corps intermédiaires... et de nous autres, professionnels.

- Enfin, ce sujet relève - quand on le rapporte aux enfants / aux jeunes - de plusieurs domaines : le droit : cadre juridique, la question de la "majorité"/responsabilité/capacité la sociologie : quelles sont les pratiques, les sociabilités juvéniles ? quid des regroupements institués ? informels ? individuels ou collectifs ? le psycho-sociologique : comment se construit un individu ? le rapport entre soi et les autres ? entre les pères/ les mères et les pairs ? les identifications et la construction identitaire ? le politique : quelle conception de la société ? de la citoyenneté ? quelles évolutions historiques ? l’éducatif : quelle place à l’éducatif ? quelles modalités de l’éducatif ?

L’EMERGENCE RECENTE DE LA QUESTION DE LA PARTICIPATION

Un héritage historique

Il importe d’abord de faire un retour par l’histoire : le modèle de citoyenneté "à la française" qui s’est construit au moment de la Révolution est national, capacitaire et surtout délégataire. Entre l’Etat, garant de la souveraineté nationale et de l’intérêt général, et le citoyen (à distinguer de l’individu), il n’y a rien. Rappelons la mise à l’écart des corps intermédiaires (loi Le Chapelier 1791), susceptibles d’introduire de la division dans la République. Notre tradition politique n’est pas participative, mais étatique, à l’encontre de certains pays proches : ainsi dans les pays du Nord de l’Europe, on note une forte tradition participative (associative) juvénile, même si elle tend aujourd’hui à s’émousser. L’enfant, le jeune sont par définition exclus de l’espace public. Seule l’acquisition de capacités (c’est entre autre le rôle de l’instruction publique et de l’instruction civique) et l’accès à la majorité... pour les garçons donneront l’accès à la sphère publique. A noter aussi notre méfiance à l’égard du politique : la lecture des journaux a longtemps été exclue de l’école ; nombreux sont ceux qui s’inquiètent du risque de politisation des conseils d’enfants et de jeunes, des manifestations lycéennes ; l’agrément de jeunesse et d’éducation populaire n’est pas donné aux associations politiques de jeunes (contrairement à nombre de pays du nord de l’Europe)...

La France d’hier - on pourrait dire jusqu’au milieu du 20ème siècle - avait de nombreux espaces de socialisation des jeunes : outre l’école, les patronages, les églises, les syndicats, les associations d’éducation populaire. S’ils jouaient leur rôle dans l’intégration sociale, ils pensaient le rapport à la jeunesse essentiellement en terme d’éducation. Les jeunes étaient dans une relative mise à l’écart et dans l’attente d’un statut qui serait donné par l’entrée dans l’âge adulte. D’une certaine manière, penser en terme d’éducation excluait de penser la participation . Les rites jouaient aussi leur rôle dans cette socialisation. Des institutions fortes donnaient des modèles, dans lequel le jeune allait s’inscrire progressivement. Soulignons enfin une relative tolérance aux sociabilités, et transgressions - souvent violentes - juvéniles ("il faut bien que jeunesse se passe !").

Pour prendre, connaissance de l’article dans sa totalité : texte téléchargeable en pdf :

PDF - 122.7 ko
La participation des jeunes
Par Bernard BIER, chargé d’études et de formation à l’Injep, mai 2005, Limoges.

[1] intervention réalisée dans le cadre d’une journée organisée par la DRDJS de Limoges et la Caisse d’allocations familiales.


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