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Rapport

La jeunesse dans la crise du CPE un an avant l’élection présidentielle de 2007

protestation, politisation, défiance, distance ?
Mis en ligne le vendredi 22 septembre 2006.

Un rapport « Baromètre Politique Français (2006-2007) CEVIPOF-Ministère de l’Intérieur » présenté par Anne MUXEL avec la collaboration de Viviane Le HAY. [1]

La mobilisation contre le CPE a mis une fois de plus une partie de la jeunesse sur le devant de la scène politique française.

Depuis une vingtaine d’années, quel que soit le type de réforme touchant au système éducatif ou aux dispositifs d’articulation entre le système de formation et l’emploi, et quels que soient le gouvernement ou le camp politique qui en soient à l’origine, une opposition systématique menée par les mouvements étudiants et lycéens, plus ou moins organisés au sein de coordinations autonomes ou de représentations syndicales, bloque le processus et conduit au retrait du projet.

Après deux mois de manifestations qui ont mis dans la rue plusieurs centaines de milliers de jeunes, pour la plupart étudiants, et vu s’exprimer des formes de contestation assez radicales, le gouvernement de Dominique de Villepin a fini par s’incliner, et ce d’autant plus que l’opinion publique était très largement ralliée à la protestation.

Les deux tiers des Français étaient pour le retrait de la réforme et près de huit jeunes sur dix. Ce nouvel épisode révèle l’ampleur des profonds dysfonctionnements qui touchent le système de formation français et les conditions de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes générations quels que soient leurs niveaux de diplôme et de qualification.

Un sentiment de vulnérabilité et de précarisation largement diffusé au sein des catégories de la jeunesse jusqu’à présent relativement préservées.

Un sentiment de vulnérabilité et de précarisation s’est largement diffusé au sein des catégories de la jeunesse jusqu’à présent relativement préservées. Le partage relatif de cette même expérience générationnelle, où somme toute les risques de déclassement pour les diplômés et d’exclusion pour les non diplômés, sont perçus comme faisant partie d’une même communauté de destins, éclaire l’importance de la mobilisation, et son soutien par une large partie de l’opinion.

Mais cette mobilisation est aussi emblématique et exemplaire des formes actuelles de politisation de la jeunesse dans le contexte français. Tout d’abord, elle confirme la forte réactivité politique des jeunes, et surtout de la jeunesse scolarisée, dès lors qu’un enjeu particulièrement impliquant ou grave paraît menacer des valeurs universalistes auxquelles ils sont attachés (par exemple, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002) ou que le pouvoir en place cherche à réformer le système de formation.

Ensuite, ce mouvement contre le CPE traduit le potentiel protestataire alimenté par une forte dynamique de « politisation négative » à l’oeuvre dans l’ensemble de la population, mais encore plus intensément au sein des jeunes générations.

Plus réactive et défensive qu’offensive et propositionnelle, cette forme de politisation débouche souvent sur la revendication d’un statu quo plutôt que sur des projets résultant d’identifications positives et porteuses de véritables alternatives. S’y expriment d’abord le mécontentement ainsi qu’une volonté de sanctionner les gouvernements en place.

Plus largement, cette mobilisation traduit une fois de plus le malaise général à l’égard de la représentation politique qui sévit en France depuis maintenant une vingtaine d’années. Particulièrement accentué dans les jeunes générations, ce malaise contribue à creuser un vrai déficit de confiance à l’égard de la classe politique dans son ensemble et tout particulièrement vis-à-vis des grands partis de gouvernement.

Enfin, cette mobilisation n’a pas été sans révéler les fractures sociales et politiques qui sont à l’oeuvre au sein même de la jeunesse.

La première vague du BPF qui s’est déroulée en plein mouvement de protestation contre le CPE est particulièrement intéressante parce qu’elle donne à voir, au coeur d’une situation de crise, le visage politique des jeunes tout en permettant de comprendre ce qui les rapproche et ce qui les différencie de leurs aînés ainsi que les conflits internes à leur groupe d’âge...

Les 23 pages du rapport sont téléchargeables sur le site du Cevipof [2]

[1] "Les données du BPF 2006-2007 ont été produites par le CEVIPOF avec le soutien du Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire. Le BPF 2006-2007 se déroule en quatre vagues de mars 2006 à janvier 2007 réalisées par l’IFOP. Les données seront également déposées et disponibles auprès du Centre de données socio-politiques de Sciences Po au printemps 2007".

[2] recherche documentaire Lucien Margoulet (Cyberdoc)


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