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Table ronde

Interroger le rôle des lieux : équipements, accès, espace public

Mis en ligne le jeudi 8 mars 2007.

Dans quel espace s’est située historiquement l’éducation populaire et quels sont aujourd’hui les enjeux des lieux où elle est mise en œuvre ? Ces lieux doivent-il être des espaces d’accès, de rencontre, d’animation, de construction ?

Au-delà des équipements, quelles sont aujourd’hui les questions posées par les transformations de l’espace public et le rôle des acteurs de l’éducation populaire ?

Le n° 9 des "cahiers de l’action" rend compte d’une table ronde organisée à l’occasion d’une conférence de consensus qui s’est tenue à Paris en mai 2006 sur le thème "quelle place pour l’éducation populaire aujourd’hui ?"

Quel rôle les équipements ont-ils joué et jouent-ils aujourd’hui ?

- Jean BOURRIEAU ( Coordinateur du réseau Education populaire de Seine-Saint-Denis) animateur de la table ronde :

"De votre point de vue d’historienne, quel est le rôle des équipements aux différentes périodes dans l’éducation populaire ? Est-il positif, négatif ou neutre ?"

Françoise TETARD [1] : "À la fin du XIXème siècle, cela passait par un espace, un lieu qui représente à mon avis un équipement même si ça ne portait pas ce nom-là.

De mon point de vue, l’éducation populaire la plus concrète est un lieu, un espace où il se passe plusieurs choses. Ensuite, en termes d’équipement au sens de la planification, nous savons comment ont été calculés ces "mètres carrés sociaux".

On a inventé la notion de besoin en étant très normatif - tant de jeunes de la jeunesse rurale, tant de jeunes de la jeunesse citadine, tel âge, telle catégorie - et en travaillant avec l’Insee, les besoins ont été listés.

On a décrété qu’il leur fallait une piscine, un centre sportif, un centre social, une MJC et j’en passe. Cela s’est joué de cette façon en construisant des bâtiments en béton très rapidement.

Par la suite, une consultation a abouti à la nécessité d’animer ces équipements et la notion d’animateur a été inventée. Le Fonjep est issu de cela en 1964. Après coup mais trop tard, nous avons commencé à réfléchir à la pertinence de ces équipements en se retrouvant coincés dans une politique d’équipement."

- Mireille HANDT (Association des directeurs de centres d’animation de Paris) rappelle la spécificité des centres d’animation de Paris et leur genèse :

"Dans les années 60, les premiers équipements sortent de terre et sont confiés à la gestion d’associations locales régies souvent par les fédérations des maisons de jeunes qui font adhérer des associations locales, des institutions, notamment les ministères et des habitants des quartiers.

C’est la belle époque de l’éducation populaire. Mai 68 arrive et laisse des traces. Les années 70 sont très importantes dans la mesure où la ville de Paris commence à rédiger une convention de gestion pour ses centres d’animation qui ne portent pas encore ce nom.

Tous les équipements sont créés à partir de ce moment-là et cette convention d’association désignée par l’assemblée municipale, oblige également à nommer les équipes dirigeantes soumises à l’obtention d’un agrément préfectoral.

Une commission de contrôle est également mise en place pour vérifier la bonne gestion de l’équipement. La gestion des nouveaux centres est dès lors confiée à des associations "sans danger", compte tenu des reproches à l’encontre des précédentes associations d’avoir soutenu la révolte de 1968."

Nelly LOPEZ [2] met en avant la fonction de rencontre sociale de ces équipements :

"Par rapport aux objectifs de l’éducation populaire aujourd’hui, il faut ouvrir largement à la population les espaces tels que les centres d’animation ou antennes jeunes qui sont des espaces de rencontre sociale, pour lui permettre de s’y retrouver de manière volontaire et confiante.

En fait, les critères de regroupement échappent aux critères plus identitaires tels que la famille ou la religion et de ce fait, le critère d’accessibilité dans la proximité pour faire des choses ensemble me semble précieux."

- Yves GUERRE [3] remarque que l’espace physique (salle, centre...) et son décorum peuvent représenter un véritable frein :

"En termes de décorum, certaines personnes n’entreront jamais dans cette salle ou n’y reviendront pas deux fois parce que sa décoration ne correspond pas d’une certaine manière à un certain type de classe sociale qui n’y est pas habitué. Il faut faire attention à cela. Tout le monde n’est pas censé venir dans un centre d’animation pour se "loisirer" ou se cultiver."

- Gérard CABALLERO (membre du public, centres d’animation du 10ème arrondissement) réagit au risque évoqué par Yves GUERRE et note l’importance de l’accueil et de l’écoute dans les lieux :

"J’ai eu plaisir à entendre dire à propos de la dimension d’espace public, que les centres d’animation sont également des espaces publics, et je voudrais insister sur l’importance de l’accueil dans ces espaces.

Concernant le décorum qui peut stigmatiser les populations, il est important que nos lieux soient aménagés pour que les gens se sentent vraiment accueillis, que les espaces comme nos équipes soient vraiment - je suis encore sur la transformation des valeurs - ouverts à tous et que nous ayons cette capacité d’écoute pour accueillir et déceler chez ces gens ce qui peut être intéressant pour eux à un moment donné, de façon à être adaptables par rapport à ces différentes demandes.

Je profite de cette occasion pour affirmer, dans la dimension d’éducation populaire, la dimension de la relation au quotidien que nous vivons chaque jour par rapport à la disponibilité et l’écoute que nous devons offrir aux populations."

Une véritable réflexion sur l’urbanisme et l’architecture serait nécessaire pour faire évoluer ces espaces ; une piste évoquée par Zahra BOUDJEMAI [4] :

"Pourquoi ne pas réfléchir de façon plus approfondie à des aménagements en termes d’urbanisme et d’architecture pour des espaces aménagés permettant de multiplier les offres d’activités et les propositions diversifiées pour que la population, dans un quartier donné, puisse se saisir de ces activités, de s’y engager en étant aidée ou accompagnée par des acteurs, animateurs ou travailleurs sociaux entre autres, et en prenant appui sur les centres sociaux et centres d’animation tels qu’ils existent aujourd’hui à Paris."

Le centre-ville, un enjeu pour un équipement d’éducation populaire ? Nelly LOPEZ le soutient et décrit les spécificités des équipements tels que les Maisons des Jeunes et de la Culture :

"Nous restructurons actuellement une bonne partie du patrimoine des MJC et nous disons aux architectes qu’une MJC ne doit ressembler ni à une école, ni à une poste, ni à une mairie.

Quelle identité doit porter une façade de MJC quand on passe devant ? À quoi cela doit-il ressembler ? La façade doit traduire l’ouverture à tous par rapport à l’ensemble du bâtiment et l’endroit où il est situé dans la ville.

Certains diront qu’ils ne veulent pas aller dans tel quartier. Dans la politique d’équipement, les MJC ont toujours été situées dans le centre-ville à côté de la mairie et de la poste, ce qui a constitué un atout pour nous. On a craché sur la centralité mais il n’empêche qu’elle porte des fonctions et les pauvres ont également droit au centre-ville. C’est très important."

La rue, un choix tactique ?

Jérôme GUILLET (fondateur de l’association "matières prises" en est convaincu, même si les dispositifs qu’il développe peuvent aussi être utilisés dans des locaux.

Jean BOURRIEAU.- "La démarche, si j’ai bien compris, s’adresse à des personnes qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole mais cela exclut-il a priori tout travail dans des locaux ?"

Jérôme GUILLET.- "Pas du tout, la rue est simplement un choix tactique. Si nous voulons être à équidistance sociale et générationnelle d’une ville, nous devons nous rendre dans les espaces et endroits où nous pouvons trouver cette diversité, d’où l’espace public, mais il nous est arrivé d’intervenir par exemple pour l’assemblée générale de Concordia, en faisant parler les gens de Concordia.

Lors du défunt festival international de la Ville avec les Lézards politiques à Créteil, nous avons posé une fausse question en quelque sorte : "Il est plus facile de parler du peuple que de parler avec lui. Qu’en pensez-vous ?", et la manifestation se déroulait sous des tentes mais nous pouvons bien sûr intervenir en intérieur."

"Notre logique de capter les points de vue de gens que nous ne récoltons jamais, en allant les chercher là où ils sont, dans la rue, plutôt que de rêver de les voir venir dans une salle de conférence."

La rue, comme espace d’intervention pose également des questions d’ordre légal ; Jean-Jacques BRAGUINI (Association des directeurs des centres d’animation, membre du public) interroge Jérôme GUILLET à ce propos : "J’aimerais savoir si l’utilisation de l’espace rue est soumise à autorisation."

Jérôme GUILLET.- "Cette question n’est pas qu’un détail. Je suis souvent intervenu sans aucune autorisation, et selon les municipalités et la police municipale, cela se passe bien la plupart du temps.

À Bordeaux, nous nous sommes fait "sortir" mais le policier était très embêté et un très beau débat a eu lieu pendant 20 minutes avec les gens dans la rue.

À Tours, ils sont également embêtés mais ils nous laissent faire dans la mesure où il est quand même compliqué de contester à une époque où tout le monde n’a que le terme démocratie participative à la bouche, en n’ayant plutôt que des conseils de ville locaux chancelants en termes de résultats.

Il est compliqué de réprimer une telle initiative, surtout quand vous avez prévenu les commerçants qui trouvent cela plutôt bien et que tout le monde est content. Nous marchons donc quand même sur une frontière mais quand il s’agit d’une commande, nous avons évidemment toutes les autorisations nécessaires."

Quelle place pour les acteurs de l’éducation populaire dans la vie locale, et notamment dans les quartiers ?

Les centres d’animation sont un élément essentiel de la vie des quartiers, et leur rôle d’interface n’est pas assez reconnu selon Mireille HANDT :

"Les centres d’animation sont au sein d’un quartier mais également d’une municipalité. Le centre d’animation est un élément fondamental de la vie d’un quartier dans la mesure où nous participons de tous les réseaux, y compris l’Éducation nationale.

Nous intervenons souvent dans les REP, dans les conseils de quartier et de la Jeunesse, etc. Nous avons un rôle d’interface extrêmement important mais souvent méconnu et mal reconnu."

L’absence d’espaces publics dans les quartiers constitue en soi une violence symbolique selon Marc LACREUSE [5]

"Vivre dans des quartiers où tout accès à l’espace public de l’art, (entre autres celui-là, mais il faudrait parler de tous les autres) est interdit est une violence symbolique susceptible de provoquer également des violences qui ne sont pas simplement symboliques."

Dans ce contexte, investir ou/et réinvestir les quartiers populaires serait un enjeu de société pour l’éducation populaire et une nécessité selon Zahra BOUDJEMAI (Cemea Ile de France) :

"J’ai évoqué l’école qui abandonne ses élèves en difficulté mais les associations ont également abandonné en grande partie les quartiers populaires pour les laisser en pâture au profit de regroupements communautaristes à profil religieux. (...)

Il faut réinvestir les quartiers populaires pour recréer des liens entre les classes moyennes et les classes populaires. Si aujourd’hui nous sommes dans cette situation de ghettoïsation et de paupérisation des quartiers, c’est bien parce qu’il y a une perte de lien entre les classes populaires et les classes moyennes.

Cela doit passer par une présence sur le terrain, dans ces quartiers, et d’un accompagnement. Il s’agit d’un dispositif ou d’une démarche qui permet aux populations des quartiers populaires d’accéder à l’ensemble de l’offre culturelle pour qu’elles ne se sentent pas en retrait par rapport à cette offre culturelle, qu’elles y trouvent leur place et par là même qu’elles puissent retisser des liens entre elles, que ce soit du côté des classes moyennes comme du côté des classes populaires."

Les associations auraient donc déserté les quartiers populaires ? Pas si sûr remarque une intervenante du public :

Jeanne DENZLER.- "Je suis doctorante. Je travaille sur le rapport à l’espace public dans les quartiers populaires et suis également chargée de mission pour le Groupe communiste.

En ce qui concerne l’abandon des quartiers et le fait que les associations aient déserté les quartiers populaires, je ne suis pas d’accord avec vous. Vous avez pris pour exemple les événements de novembre en disant que vous aviez là des éléments de preuve pour étayer votre affirmation.

Je crois au contraire que si la situation n’a pas été pire, c’est grâce au rôle très important des associations et des acteurs locaux que nous avons pu constater sur le terrain par rapport à ce qui s’est passé."

Un intervenant du public pointe les problèmes et les contradictions que génèrent les équipements actuels (notamment dans les "quartiers") qui seraient définis sans tenir compte du terrain et de la population :

Slimane LABRACHE.- : "Je travaille actuellement sur les antennes Jeunes et pour avoir travaillé en banlieue et aujourd’hui à Paris depuis une quinzaine d’années, je constate malheureusement que dans les structures existantes, qu’elles soient municipales ou paramunicipales, les missions sont fixées en haut sans tenir compte de la réalité du terrain.

Or, en ce qui nous concerne, les missions données ne correspondent pas au public qui existe, elles sont destinées à un public qui n’existe pas !

Ce qui s’est passé il y a 4 mois en banlieue est en quelque sorte une conséquence du fait qu’il y a 20 ou 25 ans, on a mis en place des structures qui venaient d’en haut et les jeunes, après avoir constaté qu’elles ne leur servaient à rien, y ont mis le feu.

Si nous voulons faire avancer les choses, l’éducation populaire doit tenir compte de la réalité du terrain. Par ailleurs, il est très important de pouvoir identifier une équipe. Dans ces quartiers, les jeunes ont besoin de s’identifier à des personnes et pas seulement à des structures."

Se réapproprier l’espace public : un enjeu pour les collectivités et les acteurs de l’éducation populaire ?

Yves GUERRE met en garde contre la disparition des espaces véritablement publics et leur pacification :

"L’espace de confrontation de l’expertise populaire porte un nom sauf qu’il n’existe quasiment plus - c’est l’espace public. Qui est garant de l’espace public ?

Une collectivité territoriale tout comme l’État, devrait être garante de l’espace public mais pas pour le sécuriser. La seule manière dont on nous parle de l’espace public aujourd’hui est qu’il ne s’y passe rien.

On installe des caméras, des policiers municipaux, des bancs, bientôt il y aura des chicanes, dans certains endroits, il y a des miradors, et parfois, il n’y a même plus d’espace public du tout parce que l’on veut qu’il ne soit porteur d’aucune conflictualité, mais une société dans laquelle l’espace public n’est porteur d’aucune conflictualité est une société morte ou totalitaire.

Le totalitarisme n’est pas réservé aux anciens pays du bloc soviétique ou aux États-Unis. Cette forme de totalitarisme nous guette tous les jours car un certain nombre de personnes ne veut pas que l’espace public soit conflictuel dans la mesure où cela empêche de faire du commerce."

Marc LACREUSE s’interroge sur la définition de l’espace public telle qu’elle a été évoquée dans les débats qui lui semble trop restrictive et il souligne la nécessité pour les acteurs de l’éducation populaire de s’interroger sur ce qui fait un espace public :

"J’ai l’impression que la définition de l’espace public est de plus en plus restrictive et nous comprenons bien pourquoi nous y sommes acculés.

Ce serait donc aujourd’hui la rue, dans la mesure où elle fréquentée par les publics plus ou moins divers. Mais il s’agit à mes yeux d’un véritable contresens : on pourrait tout aussi bien voir dans la rue aujourd’hui le lieu de l’exclusion, de la privatisation, de l’impossibilité de communication réelle, etc...

Or, l’éducation populaire ne devrait-elle pas se poser la question de ce qui fait ou pas espace public aujourd’hui en tant que lieu de la délibération citoyenne, du service public, etc ?

C’est ce qui fait qu’à mes yeux l’éducation populaire devrait être légitimée dans sa capacité à interpeller transversalement l’ensemble des politiques publiques (santé, éducation, urbanisme, culture, etc....)"

Yves GUERRE précise sa vision de l’espace public, et revient sur l’urgence à recréer des espaces publics dans tous les lieux :

"L’espace public n’est pas seulement la rue mais il se trouve que les endroits, où l’espace public existe encore aujourd’hui, sont extrêmement resserrés.

Ma définition de l’espace public n’est pas partagée par tout le monde. Je donne un autre nom à l’espace public ; la laïcité. Tous les lieux devraient l’être mais les espaces publics aujourd’hui sont privés. L’école est un espace public privé car si je veux entrer dans l’école, il faut une autorisation.

Si je veux mettre un débat public à l’intérieur de l’école, je me fais sortir, idem dans une salle d’attente de la Sécurité Sociale ou dans la salle du Conseil municipal au moment des délibérations.

Ces espaces publics ne sont en réalité pas publics mais privés. Il faudrait aussi des espaces publics dans le monde de l’entreprise mais les lois Auroux pour que les gens puissent s’exprimer, ont été détournées et totalement inutilisées."

Pour Yves GUERRE, c’est à la puissance publique de garantir l’existence des espaces publics :

"Il faudrait des espaces publics partout, chaque fois qu’une institution ou une organisation existe. Essayez de mettre un espace de débat public au Conseil général, vous n’y arriverez pas.

Il faudrait alors que la puissance publique le décide. (...) Il faudrait que les politiques comprennent qu’ils ne peuvent pas commettre un rapt sur la politique. Leur rôle est de trancher et d’arbitrer mais pour cela, il faudrait que le corps social respire et donc que les politiques permettent cette récupération de l’espace public. Récupération que nous ne pourrons pas réaliser si les politiques ne nous y aident pas, y compris dans les équipements dont ils ont la charge et ce serait une bonne chose."

Jérôme GUILLET donne un exemple d’une collectivité engagée dans cette dynamique de réappropriation de l’espace public, la ville de Genève :

"Genève propose depuis quelques années un événement assez exceptionnel qui s’appelle "La ville est à vous". Je vous donne lecture du début du dossier de presse dans la mesure où pour la première fois, je vois une ville utiliser le vocabulaire des militants traditionnels."

"La réappropriation de l’espace public" est le premier thème du dossier : "La ville est à vous vise à promouvoir dans les différents quartiers de Genève, des manifestations festives et culturelles de proximité susceptibles de favoriser la convivialité et un mieux-vivre ensemble. Ces manifestations fonctionnent selon un principe simple : la réappropriation de l’espace public.

La rue notamment, est transformée le temps d’un week-end en un lieu de fête et de rencontre avec diverses activités, animations et happening. Au centre de cette manifestation, l’expression libre du citoyen invité à participer comme acteur et animateur de la fête et non pas uniquement comme consommateur, ceci afin de favoriser le lien social, la cohabitation pacifique et l’intégration."

Article extrait des "cahiers de l’action" N° 9. Les collectivités territoriales, actrices de l’éducation populaire : conférence de consensus, Paris, 2006 coordonné par Nathalie Boucher-Petrovic


- Février 2007
- Prix : 12 euros

commander l’ouvrage :
- grandchavin@injep.fr

Autres liens :

- Jean Bourrieau : l’éducation populaire réinterrogée

- Arc en ciel théâtre

[1] Françoise Tétard est historienne, ingénieure au CNRS (Centre d’Histoire sociale du XXe siècle)

[2] Nelly Lopez, directrice du développement et coordinatrice culture à la fédération régionale des MJC d’Île-de-France

[3] Yves Guerre, est fondateur d’Arc en ciel Théâtre et membre du CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire)

[4] Directrice des pratiques et des politiques éducatives CEMEA

[5] Marc Lacreuse, fondateur du collectif Éducation populaire et transformation sociale.


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