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Internet et évolutions des pratiques d’information

Mis en ligne le vendredi 2 mars 2007.

Lors d’un séminaire du réseau information jeunesse organisé par le ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative, les 8 et 9 février à Marly-le-Roi, l’un des ateliers organisé était intitulé : "Diffusion d’une information vivante" [1]

A cette occasion, Christian BENSI (Directeur du Centre information jeunesse de l’Essonne) avait été sollicité pour intervenir sur ce sujet. Ressources jeunesse propose (avec son accord) de publier cette intervention.

« Il est sans doute inutile de rappeler aux professionnels que vous êtes, l’importance pour tout citoyen de disposer de la bonne information au bon moment. Le bon moment étant celui que le jeune choisit volontairement ou celui que les évènements lui imposent.

Il y a encore 10 ans, les sources d’information étaient peu nombreuses. La produire avait un coût que personne ne contestait, la diffuser permettait de financer ce coût. Il y a encore 10 ans, la diffusion de l’information se faisait essentiellement par deux moyens : l’entretien individuel ou collectif et la documentation papier. Bien évidemment la télévision et la radio jouaient un rôle mais très modestement.

La mise à disposition de l’information prenait du temps et ce malgré l’arrivée de la PAO et des ordinateurs dans le domaine de l’imprimerie. Une mise à jour annuelle était acceptable, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Au siècle dernier, les outils d’information étaient essentiellement statiques : pas d’échanges entre le producteur et le « consommateur » d’information. On peut citer : les publications papier avec des photos ; les radios ; les télévisions avec des reportages, des interviews ; les premiers sites Internet sans base de données ; les premières newsletters, documents papier formatées web ; les mails et les portails thématiques ou généralistes.

A l’époque, un seul outil dynamique : l’entretien de face à face. Parce que les méthodes d’utilisation du web ont changé, la façon de s’informer a changé aussi. Internet est un outil de diffusion, de communication mais c’est aussi un outil tribal, favorisant l’émergence de communautés.  »

Forums, messageries instantanées, espaces numériques de travail, communautés...

 [2]

« Les forums furent les premiers à apparaître puis les messageries instantanées. L’arrivée des blogs permit des échanges entre diffuseur d’information et lecteur, le lecteur devenant à l’occasion auteur de commentaires et donc aussi diffuseur d’informations.

Les Espaces numériques de travail sont apparus plus récemment, on les trouve généralement dans les établissements scolaires. Si la finalité première de ces espaces est la mise à disposition d’outils et de connaissances, il est indéniable que l’ENT crée des rapprochements entre les individus qui le composent.

Le principe « communauté d’étudiant » a été aussi repris dernièrement. D’autres « espaces » ont permis de créer d’autres sortes de communautés : Youtube et Dailymotion pour stocker et partager ses vidéos, Flickr pour les photos, etc. Certains sites Internet favorisent les rencontres professionnelles, amicales ou sentimentales. On peut citer au hasard : 6nergies, Cooptin, Ziki, Myblolog, copainsdavant, Meetic... Certaines de ces communautés s’appuient sur des logiques géographiques alliant usages d’Internet et rencontres dans la vraie vie : Peuplades (essentiellement sur Paris) ou Kestendi (sur l’ensemble du territoire). Certaines communautés d’utilisateurs se sont crées au sein des monde virtuels : Word of Warcraft (Wow) ou Second life (SL) pour les plus connus. »

Une des inventions les plus importantes, ces dernières années : le flux RSS

« Les progrès techniques ont permis au public de s’approprier l’information de façon différente. A mon sens, une des inventions les plus importantes, ces dernières années, est le flux RSS qui permet d’afficher les dernières informations sans que vous ayez besoin d’aller sur le site concerné.

Ce système rapatrie les dernières news, celles que vous n’avez pas encore lues. Grâce à cette technologie, d’autres sont nées : les pages web personnalisables qui vous permettent d’organiser l’information comme vous le souhaitez avec des outils pratiques : tâches à réaliser, outils de recherche, etc.

Les widgets, ce sont des petites boites qui peuvent contenir de l’information et qui peuvent vous suivre partout, que vous rédigiez un courrier ou surfiez sur Internet.

Les podcasts et vidéocasts sont des supports audio ou vidéos, faciles à réaliser et que l’on peut charger, à partir d’Internet, sur son lecteur de mp3. Les web TV se sont démocratisés. La première qui est née dans le réseau est je crois, celle du CRIJ de Rouen.

Wikio est un portail d’information qui agrège des informations issues de blogs et de sites Internet, propose à ses lecteurs de fournir des articles, de noter ceux des autres et de les commenter.

Les progrès réalisés dans le domaine de la 3D sont colossaux et la généralisation de l’ADSL favorise sa propagation. Certaines agences immobilières conçoivent des interfaces en 3D pour faire visiter leurs appartements à de futurs clients, pour fournir des éléments d’information sur l’environnement.

Seule la télévision n’a pas continué à évoluer. L’offre satellitaire et la télévision numérique terrestre n’ont pas créé de nouveaux usages mais si la télévision veut rester le leader chéri et incontesté des français, elle devra utiliser des techniques interactives.

Enfin pour demain, on nous annonce du papier électronique qui s’actualisera par liaison Wifi ou des usages très novateurs et pratiques à base de fonctions intégrées dans les téléphones portables. »

Les usages des technologies agissent sur la diffusion de l’information et sur la façon de se l’approprier.

- « 91 % des 13-17 ans et 97 % des 18-24 ans ont leur propre téléphone portable
- 47 % des 13-24 ans se connectent quotidiennement à Internet.

On estime que les jeunes qui ont aujourd’hui 21 ans ont passé trois fois plus de temps à jouer à des jeux vidéo qu’à lire des livres.

Le modèle économique est difficile à inventer Aujourd’hui l’information est disponible partout. Elle est toujours recherchée mais l’abondance en a diminué sa valeur marchande et donc son coût de revient a du mal à être pris en charge.

En matière d’information, les journaux gratuits comme 20 minutes ou Métro sont entièrement financés par la publicité mais l’objectivité rédactionnelle, dans ce cas, reste à prouver.

On peut regretter que faute de moyens suffisants, le service public soit contraint de recourir de plus en plus à la publicité.  »

Les nouvelles règles qui régissent la publication

Les mots-clés (ou tags) permettent d’organiser les thèmes, de structurer l’information. Le système des tags étant collaboratif, ce système pêche actuellement par sa relative inefficacité.

Par exemple, « information » et « informations » sont deux tags différents.

Après le html, un nouveau standard, le xml permet de dissocier la forme (la façon d’afficher l’information) et le fond (le contenu proprement dit).

L’idée est simple : écrire un texte une fois et pouvoir l’utiliser sur n’importe quel support. En matière d’entretien en face à face.

Le nombre d’acteur est extrêmement important : guichets uniques, plates-formes téléphoniques, services questions réponses, structures d’informations spécialisées.

L’information passe de plus en plus par les pairs, ces interlocuteurs auxquels les jeunes ont décidés de faire confiance (...)

Les canaux par lesquels transite l’information sont de plus en plus nombreux. Il ne suffit pas de mettre un humain face au public pour que la confiance s’installe. De plus en plus, le jeune ne vient pas dans une structure d’information, il vient voir une personne. »

Comment l’information jeunesse peut-elle s’adapter ?

« Nous devons mieux travailler sur la complémentarité présentiel et distanciel. Nos sites web doivent être plus accessibles, plus ergonomiques. Nous devons utiliser dans nos publications un langage simple et compréhensible par le plus grand nombre.

Nous devons _évaluer les contenus existants, déterminer les sources pertinentes d’information, identifier des experts. Nous devons connaître les attentes des jeunes en matière d’information, engager des partenariats efficaces avec des structures référentes dans leur secteur, devenir producteur d’informations quand ces informations ne sont pas disponibles mais le moins souvent possible en redondance.

Nous devons intégrer une dose de collaboratif dans nos sites Internet, privilégier l’image. Nous travaillons trop sur le texte dans une époque où les jeunes lisent de moins en moins.

Nous devons mutualiser l’offre d’information pour éviter de réécrire ce que d’autres ont cherché et validé avant nous.

Nous devons instituer des systèmes de veille pour anticiper les tendances dans ce secteur où tout évolue très vite. »

Le rôle des professionnels reste essentiel, celui des pairs est avéré

Sur son blogue "informer autrement" Christian Bensi précise par ailleurs que pour les structures information jeunesse le développement des usages d’internet se pose de manière différente. Il est en effet nécessaire de distinguer :

- « les structures de proximité PIJ BIJ dont la fréquentation ne baisse pas, peut-être parce que leur public à moins accès à Internet (secteur rural) et parce que "l’informateur" est plus proche de son public.
- les structures plus grosses, souvent urbanisées dont la fréquentation (ndlr : en présentiel) baisse notablement. Elles sont amenées à devenir de plus en plus des centres de ressources et savent qu’elles ont intérêt à augmenter leur présence sur Internet. »

Ces remarques semblent conforter les résultats de l’étude menée par l’Injep sur les "pratiques et usages des jeunes en matière d’information" qui montrent que si Internet prend une place croissante dans les pratiques d’information des jeunes, les jeunes ont de fortes attentes en matière relationnelle et en matière d’écoute.

De même le rôle important des pairs est pointé (comme dans l’étude précitée) par l’intervenant.

[1] Descriptif de l’atelier : « Les TIC font évoluer très rapidement la diffusion d’informations et les modes de consultation. Les prestataires, publics et privés, rivalisent pour « séduire » le public. Comment l’information jeunesse peut-elle s’adapter à ces transformations en continuant à jouer son rôle de diffuseur d’une information fiable, gratuite, personnalisée, adaptée aux besoins des jeunes et disponible au plus près de leurs lieux de vie ? Comment l’information jeunesse peut-elle / doit-elle faire coexister un accueil sur place et une information mise à disposition sur internet ? Quel équilibre économique à réinventer ? »

[2] Les intertitres sont de la rédaction


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  • Une partie de mes missions DDJS concerne l’infomation et le positionnement du public pour les métiers de l’animation et les formations adéquates. J’utilise effectivement dans mon travail de plus en plus l’outil internet mais certainement encore trop peu et sans réelle procédure.

    A la lecture de l’article de Christian Bensi je constate qu’il existe une plétore de pistes à explorer. Il me semble utile pour la qualité du service à rendre au public de construire des formations dans ce sens.

    Les structures d’information jeunesse en première ligne pour le public jeune de tous horizons sont à "outiller" également de ces pratiques adaptées aux missions de l’information.

    Depuis fin 2006, en Franche comté nous mettons en place une formation "le multi média au service de l’information". Ce type de formation paraît incontournable à poursuivre, à développer et à approfondir. Je souscris à l’évolution des pratiques d’information qui est à accompagner dans ce sens.

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