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Information et Orientation : quel accompagnement vers l’autonomie des jeunes ?

Mis en ligne le dimanche 18 octobre 2009.

Compte rendu d’une table ronde qui s’est tenue lors de la journée nationale organisée par le CIDJ, dans le cadre de son 40e anniversaire, à Paris le 8 octobre 2009.

Le débat s’ouvre à partir de la question « existe-t-il vraiment un problème d’information ? » Pour Emmanuel DAVIDENKOFF, rédacteur en chef de l’Etudiant, l’information en circulation est pléthorique, certes, mais il souligne une tradition de partenariat entre les organismes publics et privés. Il pose la question de l’orientation subie, y compris dans les parcours d’excellence : les jeunes et leurs familles ordonnent leurs « vœux » pour le conseil de classe, mais qui les écoute ?

Pour Danièle POURTIER, Directrice du CIO Médiacom (et ancienne présidente de l’Association des conseillers d’orientation psychologues), « Un jeune a du mal, dès qu’on lui parle d’avenir, à se projeter, il a l’impression que sa décision sera un engagement ». Elle souligne aussi qu’il est capital de distinguer l’orientation de la procédure administrative. Elaborer un projet de vie (un jeune n’est pas uniquement quelqu’un qui étudie), préparer son orientation prend du temps : comment laisser – donne - ce temps ?

D’autant que, renchérit Olivier JOSPIN, Directeur de l’Ecole de la 2ème Chance de Paris, les propositions du système scolaire peuvent être en contradiction avec leur projet de vie : 30% des élèves des filières professionnelles ne sont pas dans leur premier choix, ou encore, ils ignorent la signification de l’appellation du diplôme qu’ils préparent ! Le besoin de réforme pour rattraper ce gâchis est puissant ! Où prendre le temps de préparer son orientation ?

Jérôme TEILLARD, conseiller chargé de l’orientation au cabinet de Martin HIRSCH, reconnaît que l’orientation subie existe : le « choix » peut être déterminé par l’offre de formation, les problèmes de mobilité : les jeunes qui ont le sentiment d’une orientation subie ont en général un parcours plus difficile.

« les bons élèves ne se posent pas de question – tant mieux, parce qu’on ne leur en pose pas non plus ! » Si l’information est pléthorique sur certains sujets, en revanche, elle manque sur des questions essentielles comme les mécanismes de réorientation et les filières passerelles. La question du temps d’élaboration du projet d’orientation, de la possibilité de revenir sur un choix ou une affectation reste donc toujours en suspens.

N’y a-t-il pas, en France, un problème d’ultra-spécialisation accentué par le poids des représentations ? Dans la salle, on relève la pression énorme sur les jeunes, avec un système éducatif très compliqué, la difficulté de collaboration entre acteurs (ONISEP, Conseil Régional…), le manque de liens entre université et milieu professionnel. J. TEILLARD indique qu’une approche décloisonnée entre différents ministères va être encouragée.

O. JOSPIN précise toutefois que l’accueil des jeunes de 16 à 18 ans décrocheurs dans les Ecoles de la 2ème Chance n’est pas simple : le problème ne peut être résolu en le renvoyant sur une structure… Pour conclure, Olivier GALLAND revient sur la question de l’information, pléthorique ou non : les jeunes sont-ils « en manque » d’information ? Il relève des inégalités en fonction des réseaux sociaux des jeunes, et de l’implantation très éclatée des structures d’information selon les territoires. Sur le sujet de l’orientation subie / orientation choisie, il souligne le sentiment dominant d’une orientation subie , traduite par « j’ai été orienté », surtout pour les jeunes en filières professionnelles. Ce qui compte, au fond, c’est d’aider les jeunes à construire leur projet sur la durée, en leur reconnaissant le droit à l’erreur, au tâtonnement.

Compte rendu par Christiane Freyermuth


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