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Familles rurales : une expérience de participation des jeunes à la vie de leur territoire

Mis en ligne le jeudi 30 avril 2009.
Une expérience singulière en milieu rural : les Foyers de jeunes dans l’ouest de la France : une initiative de Familles Rurales.

Depuis le début des années quatre-vingt, à l’initiative en général du mouvement Familles RuralesF [1], se sont développées en Vendée et dans un certain nombre de départements de l’ouest comme le Maine et Loire, la Mayenne, les Deux-Sèvres et dans une moindre mesure en Loire-Atlantique des Foyers jeunes en milieu rural qui ont pour caractéristique d’être gérés par les jeunes eux-mêmes : une expérience originale de participation des jeunes à la vie de leur territoire comme l’a mis en évidence le débat organisé par le Foyer jeune de Nesmy en Vendée, commune rurale de 2400 habitants, proche de La Roche sur Yon, à l’occasion de ses vingt ans.

Un texte de Jean Claude Richez, responsable de l’Unité, de la recherche, des études et de la formation à l’INJEP à partir des documents transmis par Geral Rivoisy : « 20 ans ! l’âge de faire ou l’histoire singulière du Foyer des jeunes de Nesmy »

Les jeunes comme ressource : une plus value pour la commune

Des échanges à cette occasion ont montré que au delà du fort impact de cette expérience pour les jeunes qui y ont participés, environ 70% de leur classe d’âge, il d’agit d’une véritable plus-value pour la commune. Comme conséquences bénéfiques de l’activité du Foyer jeunes ont été relevés entre autre :

- la mise en place d’un service enfance / jeunesse et d’une politique de jeunesse
- un « plus » en terme d’animation à travers la création d’événements et le développement d’actions culturelles par le Foyer jeunes
- une contribution au « vivre ensemble » à travers le fonctionnement du Foyer comme espace d’échange entre jeunes venus d’horizon différents, entre garçons et filles, entre générations
- un facteur de dynamisme et d’attractivité pour la commune mais aussi de régulation des conflits avec les jeunes.

Ce mouvement qui touche donc un certain nombre de départements de l’Ouest touche aujourd’hui environ quatre vingt communes.Une soixantaine d’entre elles sont affiliées à Familles Rurales et regroupe environ 3000 personnes.

Un peu d’histoire : aux origines du mouvement

Les Foyers de jeunes sont des associations gérées par des jeunes pour des jeunes. Ces associations existent depuis le début des années 80 dans plusieurs départements de l’ouest : Maine et Loire, Mayenne, Deux Sèvres et compte tenu du nombre, surtout, en Vendée… Ils sont souvent les héritiers, une résurgence des derniers patronages, des organisations paroissiales pour la jeunesse. On en compte une cinquantaine dès 1985 et près de 150 en 1995 (plus d’une commune sur deux).

Cette évolution est sans doute à mettre en corrélation avec les très gros effectifs d’adolescents dans les communes à cette époque. (les enfants des enfants du baby boom). La Vendée enregistre alors une augmentation importante de sa population grâce à un solde naturel très fort. Le mouvement Familles rurales accompagna cette dynamique et hébergea au sein de ses associations locales jusqu’à une centaine de Foyers en 1995, comptabilisant 5500 adhérents.

Les fonctions originelles du Foyer jeune

Leur vocation première était d’organiser des activités de loisirs et de culture, difficilement accessibles individuellement pour des questions de coût, de mobilité, etc… Il s’agissait également de contribuer à une certaine ouverture d’esprit, de permettre un apprentissage de l’autonomie à travers des expériences collectives et associatives, de participer à l’émancipation des individus, etc…

La plupart disposait d’un local mis à disposition par la Mairie pour se réunir. Cet espace géré en autonomie était à la fois un lieu d’échange, d’activités, de préparation des projets, etc.. Beaucoup organisaient des projets d’envergure : spectacles, concerts, manifestations sportives, camps d’été, etc…

Les plus importants comptaient plus d’une centaine d’adhérents (15/25 ans) et géraient une vraie complexité (budgétaire, organisationnelle et disciplinaire). Ils se situaient en acteur de la vie locale au même titre que les autres associations. Un comité d’adultes pouvait exister. Il accompagnait, conseillait le bureau de l’association des jeunes.

Une mutation en cours

Depuis le début du nouveau siècle est apparu un encadrement salarié (ponctuel ou régulier), pour une petite moitié d’entre eux, qui a modifié substantiellement la nature du projet de départ. A moins que ce ne soit justement parce que le modèle initial ne fonctionnait plus que l’on a professionnalisé l’encadrement… Ces Foyers se situent principalement dans les communes enregistrant une forte croissance démographique due à un solde migratoire important depuis la fin des années 90.

Aussi dans ce contexte, il semble bien que les activités pour les jeunes soient un enjeu majeur compte tenu de la difficulté des communes rurales à accueillir ces nouveaux habitants et d’adapter leurs services à ses nouveaux besoins.

Aussi, des budgets sont dégagés dans le cadre des Contrats temps libres. Des salariés sont embauchés. On dénombre près d’une trentaine d’animateurs (trices) jeunesse dans le département auxquels il faut ajouter les développeurs jeunesse mis à disposition de la vie associative et des projets jeunesse sur chaque canton par le conseil général.

Les enjeux d’aujourd’hui

« C’est une mosaïque de socialisations qui constitue un individu et qui témoigne de l’histoire et de la diversité de ses expériences sociales. C’est une multiplicité d’expériences socialisatrices qui le forme et ce, de manière convergente ou divergente en fonction des instances de socialisation » écrivent les responsables du Foyer jeune de Nesmy et poursuivent :

Si, la famille est un véritable acteur de la socialisation, l’adolescent grandit, se construit également dans d’autres lieux, d’autres espaces sociaux, dans la confrontation avec d’autres jeunes que ses frères et sœurs, d’autres adultes que ses parents. Ce troisième lieu » est indispensable, car ni la famille, ni l’école ne peuvent espérer apporter à l’adolescent la totalité de ce dont il a besoin pour se construire.

Le Foyer peut se définir comme un de ces espaces. Il peut se caractériser comme un espace où se construisent les identités, s’affirment les personnalités, s’étoffent les compétences sociales ».

Qu’en est-il vraiment ? Le Foyer des jeunes est-il à considérer comme une organisation éducative ou doit-il être réduit à un simple « espace » de loisirs ? s’interroge le Foyer jeune de Nesmy et de répondre : « Nous faisons l’hypothèse que la réalité du Foyer des jeunes constitue un espace éducatif à part entière. Pour ce faire, nous voudrions nous attacher à montrer les « productions » du foyer de jeunes pour mieux faire ressortir les influences sur les parcours de vie (scolaire, professionnel, vie sociale, amicale, familiale, etc…) et permettre de voir les processus de construction des individus ».

Pour en savoir plus on se reportera au site du Foyer Nesmy :

Contact Gerald Rivoisy : Pedagogia.vendee@wanadoo.fr

Consulter le site de Familles rurales :

[1] amilles Rurales est le premier Mouvement familial en France. Composé de 3000 associations locales, il regroupe 180000 familles adhérentes. 45000 bénévoles et 20000 salariés animent le réseau.


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