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Education : l’affaire de tous, un enjeu démocratique

Mis en ligne le samedi 4 novembre 2006.

Extrait d’un article de Bernard BIER [1]publié dans le n°9 du journal de l’Afev [2]  : Solidaires

Éduquer, c’est l’affaire de tous ! Cette affirmation semble aller de soi : les lieux, instances ou acteurs éducatifs sont nombreux, chacun en a fait et en fait l’expérience dès sa prime enfance dans les espaces scolaires ou universitaires ad hoc où il est confronté à des savoirs scolaires (éducation formelle), dans des lieux divers tels les centres de loisirs, clubs sportifs, associations... espaces souvent assimilés à l’éducation populaire (éducation non formelle), ou dans son expérience quotidienne, à travers les différentes situations personnelles, professionnelles, associatives... où il construit autant qu’il se construit (éducation informelle).

Et pourtant ! Nous avons hérité (en France) d’une conception qui très majoritairement nous conduit à limiter l’éducation à la scolarisation, à la formation initiale et à la transmission générationnelle, au rebours d’autres pays et des textes européens qui parlent aujourd’hui couramment d’« éducation et formation tout au long de la vie », pour qui l’éducation n’est pas synonyme d’État mais tout autant de local, de vie associative, d’expérience de vie...

Néanmoins on peut observer quelques évolutions appréciables  : le développement des politiques éducatives locales, la validation des acquis de l’expérience...

Éduquer/s’éduquer, c’est entrer en contact avec le monde, avec les autres, sortir de la finitude, s’altérer, grandir, tisser du lien. On ne peut s’éduquer seul, mais il n’y a pas d’éducation sans implication, mobilisation, participation du sujet qui entre en apprentissage. On n’éduque pas par décret.

Le rapport aux savoirs : un rapport aux autres, au monde et à soi

Donc penser les apprentissages, c’est aussi penser (et travailler) la question du désir du sujet comme celle de ses résistances. Le rapport au savoir, comme le rappelait Bernard CharlotLe [3], est rapport aux autres, au monde, à soi.

Nous déclinerons cependant, contrairement à lui, ce terme au pluriel, tant les savoirs sont multiples (savoirs scientifiques, « profanes », d’action, d’expérience, « mineurs », etc.) et qu’il apparaît clairement aujourd’hui que l’invalidation de certains savoirs est reçue comme invalidation de ceux qui en sont porteurs.

Il ne s’agit aucunement par là de rentrer dans une sorte de relativisme (tous les savoirs se vaudraient !) : penser la reconnaissance de ces savoirs, c’est affirmer leur légitimité à être mis en débat dans l’espace public. Quant aux mutations accélérées de notre société, elles appellent à revisiter en permanence savoirs et compétences, donc d’être dans une logique d’éducation « permanente ».

La « société du savoir » dans laquelle nous sommes entrés conduit chacun à être à la fois potentiellement éduquant et éduqué.

(...)

La suite de l’article en téléchargeant le journal Solidaires sur le site de l’Afev

L’Afev en 2006

Accompagnement à la scolarité, insertion sociale et professionnelle, promotion de la santé : l’Afev en 2006, ce sont 5000 volontaires, accompagnant 8000 enfants, adolescents et jeunes en difficulté dans toute la France, en partenariat avec des collectivités territoriales, des équipes pédagogiques, des universités, des associations de quartier... Aujourd’hui, la recherche de nouveaux espaces d’engagement et de nouveaux programmes ou la reconnaissance du bénévolat par les universités sont autant d’éléments de promotion, de reconnaissance et de généralisation du volontariat étudiant de solidarité.

(source Afev)

[1] Chargé d’études et de formation à l’Injep

[2] L’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), association d’éducation populaire créée en 1991, lutte contre les inégalités et agit dans les quartiers en mobilisant des étudiants bénévoles.

[3] Rapport au savoir en milieu populaire, B.Charlot, Anthropos, 1999.


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