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Plus de 1000 Juniors associations créées depuis 1998

Des compétences transférables dans la vie d’adulte

Une intervention de Thierry Crosnier, Délégué national du réseau des Juniors associations
Mis en ligne le dimanche 14 mai 2006.

Une conférence de Thierry Crosnier dans le cadre de la journée « Accompagner les initiatives des jeunes : problématiques et enjeux » organisée par la DDJS des Deux-Sèvres en décembre 2005.

A partir d’ expériences menées sur l’accompagnement des jeunes porteurs d’un projet, Thierry Crosnier explique en quoi la participation à la vie associative est un moyen pour les jeunes d’accéder à l’autonomie en acquérant des compétences transférables dans la vie d’adulte.

Plus de 1000 Juniors associations ont été créées depuis 1998. Plus de 12 000 jeunes ont été membres ou sont membres des Juniors associations. La « Junior association » est une proposition permettant aux jeunes âgés de moins de 18 ans de se regrouper autour d’une envie, d’un rêve ou d’une passion, d’une idée ou d’un projet nécessitant des moyens et une organisation.

Pour développer son intervention, Thierry Crosnier s’appuie sur les éléments suivants :

- une étude sur la pratique associative des jeunes mineurs dans les Juniors associations, étude menée par le CESOL (Centre d’Etudes des Solidarités Sociales), sous la direction Dan Ferrand Bechmann, Professeur à l’Université Paris VIII,

- les premières bases d’une nouvelle étude que Marianne Alba, directrice adjointe de la CMJCF et secrétaire générale du Réseau National Junior Associations (RNJA) va mener sur 2006. Cette étude va permettre de se questionner sur l’itinéraire des jeunes, anciens membres des Juniors associations, devenus majeurs afin de rechercher les incidences, les influences de ce premier parcours associatif sur leur vie personnelle et professionnelle.

- Les dossiers d’habilitation et de réhabilitation où les jeunes exposent leur projet, leur mode de fonctionnement ;

- une étude menée par Jean Bourrieau à la demande de la commission jeunesse du Comité National des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire (CNAJEP) et à laquelle le Réseau national a participé. Cette étude a pour objet « la participation associative des jeunes » et elle pointe notamment des éléments facilitateurs et des freins à cette participation.

- Enfin, seront présenté un certain nombre d’exemples issus des diverses rencontres départementales, régionales et nationales avec les Juniors associations, lors des Conseils d’Administration du RNJA (puisque 4 jeunes élus par les Juniors associations les représentent dans les instances statutaires du réseau national). Les rencontres sont mises en place soit par le réseau national, soit par ses relais départementaux qui favorisent les échanges, les temps de formation et les débats. Pour les jeunes, c’est souvent l’occasion de comprendre ce que veut dire appartenir à un réseau.

Trois aspects seront plus particulièrement abordés :

- La manière dont les jeunes s’approprient cette dynamique associative pour réaliser leur projet, ce qu’ils en font, les champs d’intervention, et les incidences en matière d’implication de ces jeunes dans la vie locale.

- L’importance d’un accompagnement mesuré et quelques points fondamentaux pour la réussite de cet accompagnement.

- Quelques pistes valorisées par le Réseau national des juniors associations pour favoriser et accompagner les initiatives des jeunes.

Une présentation rapide des Juniors associations et du Réseau national

Quelques constats.

Depuis une dizaine d’années, un certain nombre de mouvements d’éducation populaire s’interrogent sur la place des jeunes dans leur propre réseau. Un certain nombre d’expériences ont été tentées. Certains ont volontairement associé des jeunes dans leur conseil d’administration, d’autres ont créé des commissions jeunes, d’autres encore ont souhaité se rapprocher des associations de jeunesse...

Force est de constater que ces expériences n’ont, pour la plupart, pas été concluantes. Les jeunes n’ont semble-t-il pas trouvé leur place dans un monde pensé et géré par des adultes. Loin des préoccupations de gestion de leurs aînés, ils ont souvent déserté la place qu’on avait bien voulu leur donner.

Par ailleurs, les champs d’actions des jeunes ne recouvrent pas forcément celles des adultes. Souvent, les modes d’expression de la jeunesse, dans les formes les plus diversifiées que ce soit en sport, en danse, en chant... ne sont pas comprises ou sont mal interprétées des adultes.

Aussi, les jeunes cherchent-ils à avoir leurs propres champs d’investigation afin de vivre leurs expériences comme ils l’entendent. Ils privilégient ainsi leur propre façon de faire par le rythme, le contenu, la forme et l’organisation. Si dans la loi de 1901, rien interdit à des mineurs de créer entre eux et/ou pour eux une association, dans les faits, les dépôts en préfecture sont souvent refusés.

L’association se trouve, par ailleurs, dans l’impossibilité de contractualiser, d’ouvrir un compte bancaire, d’assurer ses membres, etc. C’est l’article 1124 du code civil qui qualifie le mineur juridiquement incapable qui est le plus souvent mis en avant. Les jeunes mineurs sont donc exclus, de fait, des fonctions dirigeantes qui vont de pair avec l’engagement de la responsabilité civile et pénale.

La Junior association permet à des jeunes mineurs de s’organiser dans une dynamique associative et de s’approprier, entre pairs, un mode d’organisation démocratique et citoyen. Il s’agit d’un espace de liberté permettant à de jeunes mineurs, souvent en petit nombre, de se regrouper autour d’une envie, d’une idée, d’un projet...

Association de fait, le groupe se donne une identité, en choisissant tout d’abord un nom, puis formalise son projet et réalise une ou plusieurs actions. Il s’agit également de proposer un accompagnement de ces jeunes. Ils bénéficient ainsi de personnes ressources qui peuvent les conseiller, répondre à leurs demandes, à leurs questions. Pour cela, il faut être au moins deux. Il n’y pas obligation de déclaration en préfecture.

Le Réseau national des juniors associations porte la responsabilité juridique de ces associations de fait. La moyenne d’âge des groupes ainsi constitués est actuellement de 15 ans.

Plus de 12 000 jeunes ont été membres ou sont membres des Juniors Associations

Plus de 1000 Juniors associations ont été créées depuis 1998. Plus de 12 000 jeunes ont été membres ou sont membres des Juniors associations. La « Junior association » est une proposition permettant aux jeunes âgés de moins de 18 ans de se regrouper autour d’une envie, d’un rêve ou d’une passion, d’une idée ou d’un projet nécessitant des moyens et une organisation. Grâce à l’accompagnement des membres du Réseau national des juniors associations, le groupe se dote d’une identité. Il peut donc être reconnu pour formaliser et réaliser un projet de manière autonome.

C’est une expérience qui favorise l’apprentissage de la citoyenneté et la découverte de la vie associative. Elle donne une nouvelle image du groupe de jeunes qui accède à une réelle reconnaissance auprès des partenaires institutionnels, mais aussi des parents, des enseignants et des adultes en général. Les jeunes sont tout à fait capables d’être auteurs de leurs projets. Il s’agit d’accepter qu’ils puissent essayer, se tromper, recommencer, expérimenter, de définir entre eux des règles de décision, de répartition des tâches et d’organisation.

C’est le Réseau national des juniors associations qui va fournir le cadre juridique nécessaire pour que des jeunes, mineurs, puissent être acteurs d’un projet collectif à travers la création de leur propre association. L’habilitation délivrée par le réseau, valable une année scolaire et renouvelable, garantit à la Junior association, association de fait, une assurance qui couvre ses activités et ses membres, la possibilité d’ouvrir un compte bancaire, des actions de formation...

Le Réseau national des juniors associations est une association composée de 4 membres :

- la Ligue de l’enseignement,
- la confédération des Maisons de jeunes et de la culture de France,
- la fédération nationale des Centres Sociaux et Socio-Culturels
- l’association nationale « Jets d’Encre », association pour la promotion et la défense de la presse d’initiative jeune.

C’est à partir de ces fédérations et associations que le maillage départemental et local s’effectue auprès des Juniors associations (auxquels s’ajoutent les correspondants défi-jeunes car le GIP Défi-Jeunes (ndlr : défi jeunes est devenu maintenant envie d’agir) est membre fondateur).

Au fur et à mesure et quand cela prend sens pour eux, les outils de la vie associative leur sont proposés, ils les adoptent en fonction de leurs besoins. Il s’agit donc aussi, d’un espace de découverte de la vie associative...

Élaboration de projets, dynamiques associatives : facteurs d’autonomie, d’acquisitions, de compétences et d’implication citoyenne.

Les initiatives des jeunes sont souvent avant tout pragmatiques et concrètes (recherche d’un local, animation d’un skate park ...). Comme le rappel D. Ferrand Bechmann , « on parle beaucoup d’individualisme ou de tribalisme. La réalité est à mi-chemin. Ces jeunes construisent ensemble des groupes où des individus se retrouvent sur des mêmes projets dont ils partagent une représentation spécifique à leur classe d’âge »

La Junior association apparaît comme un espace d’apprentissage et de construction de soi-même. La vie associative est reconnue comme étant l’espace d’engagement que privilégient nos concitoyens. Cette réalité s’applique particulièrement aux jeunes. L’espace associatif est, en effet, un espace expérimental qui permet la découverte de l’engagement, la création collective, l’élaboration de projet, le vécu en groupe et la prise de responsabilité. Qu’ils soient mineurs ou majeurs, la vie associative constitue un espace essentiel de découverte de la citoyenneté.

L’écriture du dossier d’habilitation ne semble pas une difficulté pour présenter son projet, il permet « et c’est important, de penser ensemble, s’agissant de projets associatifs, donc obligeant à l’exercice de la démocratie, du dialogue, du dépassement des conflits et des divergences, en vue de la meilleure efficacité et représentativité de l’association et d’un partage des rôles correspondant aux aptitudes, désirs et capacités de chacun » .

S’ensuit une ouverture vers les autres, une recherche de partenariat, Ils s’enracinent dans leur quartier, dans leur village. Des collaborations entre plusieurs Juniors associations peuvent se développer. Se crée alors une appartenance à un réseau à défendre et à promouvoir par la présentation des Juniors associations dans les journées d’envie d’agir, dans des débats, dans des témoignages pendant et après la Junior association...

La Junior association est alors l’occasion d’une multitude de « première fois » : première organisation collective, première sortie du quartier, première rencontre nationale, première prise au sérieux...

Télécharger l’ensemble de l’intervention de Thierry Crosnier :

PDF - 1.6 Mo

Télécharger les actes des rencontres départementales 2005 de l’éducation partagée en Deux-Sèvres : "Accompagner les initiatives des jeunes".

PDF - 2 Mo

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