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Comment valoriser les atouts et initiatives des jeunes par l’accompagnement individuel ?

Mis en ligne le dimanche 22 avril 2007.

Lors du denier colloque "Neujpro" (rencontres nationales des professionnels et élus de la jeunesse) organisé par le conseil général de l’Allier en octobre 2006, Thierry Crosnier [1]et Michel Cassé [2] sont intervenus sur le thème : comment valoriser les atouts et initiatives des jeunes par l’accompagnement individuel ?

Extraits de l’intervention de Michel Cassé :

L’intervenant a présenté un cadre éducatif de l’initiative des jeunes (et plus particulièrement des adolescents) et la valorisation possible par de l’accompagnement.

Michel Cassé propose quelques points de repères :

« La première chose qui nous semble importante, c’est que cet accompagnement permette d’acquérir des compétences sociales. Le parcours éducatif des adolescents passe par l’acquisition et l’exercice de compétences sociales.

(...)

En matière de prise d’initiatives individuelles et de participations collectives, il semble intéressant d’aborder au moins 3 compétences sociales.

- La première, c’est penser par soi-même. Cela semble évident, c’est la première chose qui nous donne notre qualité d’être humain, mais c’est aussi la première compétence pour être citoyen : être capable de se forger une opinion. Elle suppose de savoir s’informer, de comprendre et d’analyser des informations, de mettre des informations en perspective et d’y réfléchir en les confrontant à des valeurs. Ainsi, nos opinions ne seront pas seulement des apparences de savoirs, mais des opinions argumentées

- La deuxième compétence, c’est d’être soi-même dans la relation aux autres : capacité à exprimer son point de vue quand la majorité n’est pas en accord avec ce point de vue. Il nous semble que la démocratie se construit par la confrontation d’avis différents. Cette pratique est un apprentissage permanent qui permet d’apprendre à distinguer ce qui s’inscrit dans le registre des sensations et dans celui des opinions, de reconnaître des facteurs qui peuvent influencer volontairement ou involontairement nos attitudes, d’apprendre à gérer ses émotions, d’apprendre l’autonomie par rapport à ceux qui ont le savoir, et de passer de références externes, l’avis des autres par exemple, à des références internes, les opinions construites et argumentées, et bien sûr, pouvoir prendre des initiatives.

Tenir à ses idées n’empêche pas de se réinterroger, notre action d’éducateur sera là fondamentale. Il faut être capable de remettre en question son point de vue, ce qui nécessite d’apprendre à être à l’écoute, à reformuler, à prendre de la distance, à savoir dissocier différents registres. Nous nous rendons compte que dans la relation aux jeunes adolescents, ce n’est pas toujours évident. Ces compétences permettent l’acquisition d’un certain nombre d’aptitudes à la communication et à la vie avec d’autres, mais aussi proposer des hypothèses et des analyses argumentées, explorer des hypothèses, des alternatives, être créatif et savoir interpeller les adultes.

- La troisième compétence, je l’ai appelée « agir avec les autres ». Dans les contextes d’accompagnement dont on va parler tout à l’heure, c’est souvent être dans l’action, mais aussi dans le débat. En matière de débat, cette compétence doit permettre de distinguer pour les jeunes adolescents, les différents niveaux de débats, savoir si on se situe dans un débat argumentaire, d’opinions, scientifique, philosophique ou dans une régulation de groupe nécessaire à la réalisation de tout projet. « Agir avec les autres » c’est également savoir participer à la prise de décision et à son évaluation, apprendre à formaliser les décisions, les poser, les fixer, pour en faire des références, apprendre à analyser leurs effets, et s’entraîner au contrôle démocratique.

Nos expériences associatives cherchent à aller dans ce sens. Enfin, « agir avec les autres », c’est aussi savoir analyser les rapports de force et les conflits qui peuvent exister au sein d’associations, c’est aussi assumer sa part de responsabilité dans l’organisation collective. Pouvoir appliquer cette compétence, c’est d’abord pouvoir se persuader qu’il n’y a pas de progrès sans risque d’erreurs, c’est se libérer de la possibilité d’arriver là où on ne souhaitait pas arriver, c’est pouvoir se dire que les choses fonctionnent ou peuvent ne pas fonctionner, et c’est oser faire des choses, même si au résultat, elles aboutissent à des réalisations différentes de ce qui était prévu, voire à rien.

Pour construire ces compétences sociales, il faut qu’il existe des pratiques dans lesquelles les enfants, les adolescents, puis les jeunes, exercent ces compétences.

(...) Michel Cassé poursuit :

J’en ai pointé trois :

- La première est « travailler sur l’estime de soi », en permettant aux adolescents de mesurer objectivement les avancées qu’ils ont pu avoir, en favorisant l’esprit d’initiative, en distinguant le regard qu’on peut porter sur les personnes et celui qu’on peut porter sur les actions, et en apprenant à mesurer l’action par des valeurs partagées avec les autres membres de l’association.

- La deuxième pratique est « favoriser le questionnement individuel », on doit le pratiquer en permanence dans notre action d’éducateur en permettant aux adolescents de comprendre que se poser des questions peut avoir du sens, même si nous ne savons pas leur apporter les réponses tout de suite. Il s’agit de leur permettre de construire des procédures d’approche de réponses, penser à la complexité, poser des questions en dehors du cercle habituel dans lequel ils fonctionnent. Ce qui nous intéresse, c’est qu’ils sachent faire dans la vie sociale de tous les jours des choses qu’ils découvrent dans la junior association.

- La troisième type de pratique, c’est « encourager la prise d’initiatives et la prise de risques mesurés », en s’autorisant à penser différemment du reste du groupe parfois, en acceptant qu’il puisse y avoir de l’angoisse dans ce qu’on va réaliser, en acceptant que sa pensée puisse être mise à l’épreuve des faits. Les structures de loisirs qui relèvent de l’éducation populaire peuvent trouver des fonctions sociales intéressantes pour préparer ces pratiques, quelques exemples sont développés dans les outils que Thierry vous a donnés, qui vont des espaces de dialogue, d’écoute, de prise de responsabilité, la participation à des programmes, etc. Cela nous permettra d’aboutir à des formes plus structurées au travers des associations d’enfants et de jeunes.

Pour conclure, pour qu’il y ait une progression dans l’acquisition de ces compétences, il faut que nous, adultes, éducateurs, on puisse amener les étapes, les moyens de formaliser, et passer d’exercices d’échanges et de prises de parole à un exercice plus large dans le cadre de la vie associative.  »

Thierry Crosnier a, de son côté, présenté deux outils qui sont plutôt proposés à des jeunes mineurs :

- Les ATEC (qui sont développées depuis 2001) : Associations Temporaires d’Enfants Citoyens. Un outil simple et facile à réaliser. L’âge moyen des jeunes s’y situe est entre 11 et 15 ans. Cet outil leur permet de s’impliquer dans la vie sociale à partir d’un projet qu’ils ont pu imaginer et qu’ils travaillent avec un animateur.

Le blogue des Associations Temporaires d’Enfants Citoyens : http://atec.joueb.com/

- le réseau national des juniors associations porté par 3 fédérations : la Ligue de l’enseignement, la Confédération des MJC de France, la Fédération nationale des centres sociaux.

« C’est tout un maillage qui permet à des jeunes de moins de 18 ans de s’organiser dans une dynamique associative, la notion de projet y est importante, il n’y a pas de restriction sur ces projets : vacances, hip hop, roller... Il y en a entre 30 et 35 qui se créent tous les mois.  »

Le site du réseau national des Juniors associations : http://www.juniorassociation.org/

En conclusion de son exposé, Thierry Crosnier a souhaité formuler quelques questions :

- Est-ce que toutes les initiatives de jeunes doivent être "outillées" ?
- Est-ce que parfois il n’y a pas des jeunes qui ont simplement envie de faire du roller et ont juste besoin d’un terrain ?
- Quand on est accompagnateur, comment se préparer à accompagner les jeunes dans un projet qui n’est pas le nôtre ?
- Plus généralement, comment les politiques éducatives peuvent prendre en compte cette éducation à l’initiative ?

(...)

Télécharger le compte rendu de l’atelier réalisé par le conseil général de l’Allier (interventions de Michel Cassé et Thierry Crosnier + questions/réponses avec les participants de l’atelier)

PDF - 47.7 ko
neujpro 2006
Comment valoriser les atouts et initiatives des jeunes par l’accompagnement individuel ?

A lire aussi :

- Pratiques d’accompagnement des jeunes dans les projets associatifs : Témoignages lors d’un colloque "mineurs et projets associatifs" organisé par l’Injep.
- La pratique associative des jeunes mineurs : Une étude menée au sein du Réseau national de juniors associations
- Paradoxes et champ des possibles : Le mineur et les projets asssociatifs

A savoir :

- La 6ème édition de "Neujpro" se déroulera les 24, 25 et 26 octobre 2007 au Centre omnisport de Vichy Informations sur le site du conseil général de l’Allier

- Les actes de neujpro 2006

[1] Délégué général du réseau national des juniors associations

[2] Délégué national « Action éducative locale » des Francas


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