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Au lycée, au collège et dans la cité

Entretien avec Sophie Rosenberger, responsable du secteur animation de l’IFAC 95
Mis en ligne le jeudi 12 mai 2005.
Les fonctions de délégués de classe au collège ou au lycée, ou les fonctions de délégué au sein d’un conseil municipal d’enfants ou de jeunes sont maintenant reconnues. L’exercice de cette responsabilité nécessite néanmoins soutien, conseil ou formation. Certaines associations interviennent de manière croissante dans ce domaine. C’est par exemple le cas de l’Institut de formation d’animateurs de collectivités dans le Val-d’Oise (IFAC 95).

L’IFAC 95 intervient dans les établissements scolaires pour former les délégués de classe pendant le temps scolaire, suite à la demande du chef d’établissement lorsque aucun membre de l’équipe éducative n’en a les compétences ou le temps. « Nous expliquons aux délégués quels sont leur rôle et leurs missions. Nous les préparons au conseil de classe. Notre volonté est de faire prendre conscience aux jeunes du cadre dans lequel ils évoluent pour leur permettre de s’engager, de devenir des citoyens responsables », explique Sophie Rosenberger.

Pour permettre aux délégués de débattre avec leurs interlocuteurs adultes, l’institut mise beaucoup sur la communication dans le cadre de la formation. « Nous initions les délégués au dialogue en nous appuyant sur des jeux de rôle. Par exemple, nous les mettons à la place du professeur interpellé par un élève. Rien n’est plus efficace pour comprendre pourquoi il ne peut parfois pas entendre la demande », affirme Sophie Rosenberger, qui souligne l’importance de ne pas faire partie du personnel de l’établissement lors de ces séances. « Pour atteindre notre objectif, il est préférable que les jeunes puissent s’exprimer. Les élèves se sentent plus libres avec des intervenants extérieurs », explique-t-elle.

La formation ne s’arrête pas là. Après le premier conseil de classe, l’IFAC revient faire un bilan avec les élèves délégués. « Ils partent de la formation plein d’espoirs, mais cela ne se passe pas toujours comme ils le pensent. Ils doivent pouvoir nous dire ce qui n’a pas fonctionné. Nous pouvons chercher ensemble des solutions. Ils doivent aussi apprendre à être patients. Nous pouvons ainsi relayer leurs constats auprès des professeurs. C’est parfois délicat, la réussite d’un conseil de classe dépend également d’eux. Mais en aucun cas, nous ne leur faisons la leçon ! », constate Sophie Rosenberger.

La formation des conseillers municipaux d’enfants et de jeunes s’inscrit dans la même démarche, même si elle est davantage préparée en amont avec leurs animateurs. À la différence de la formation de délégué de classe qui est définie par la loi d’orientation de 1989, les conseils d’enfants et de jeunes ne sont en effet régis par aucun cadre juridique. Ils peuvent être différents les uns des autres. Les besoins en formation peuvent donc être variés. Apprentissage des missions de conseiller et du cadre institutionnel (« Qu’est-ce qu’une mairie ? »), jeux de rôle pour savoir débattre et argumenter... sont en tous les cas au programme. L’intervention a lieu de préférence sur deux jours avec une nuit passée en commun pour créer un esprit de groupe. « Sans formation, certains jeunes auraient des difficultés à s’investir, en particulier ceux qui ne sont pas accompagnés par leur famille », affirme Sophie Rosenberger, qui insiste sur le profil des intervenants : « Pour accompagner les jeunes, je compte beaucoup sur leur motivation et leur engagement. On ne peut motiver des jeunes si on ne l’est pas soi-même ! »

Marie Pierre Pernette article extrait des "Cahiers de l’action" n°1 édités par l’Injep


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