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Lille

Animation globale et métiers de l’animation

Premières journées professionnelles de la Fédération des centres sociaux (FSCF)
Mis en ligne le jeudi 1er mars 2007.

Du 26 au 28 février se sont tenues à Lille les premières journées professionnelles de l’animation globale à l’initiative de la Fédération nationale des centres sociaux (FCSF). Un projet ambitieux qui a regroupé plus de deux cent personnes, pour l’essentiel des directeurs de centres sociaux ou des coordonnateurs de l’animation globale.

Pour les organisateurs il s’agissait de revisiter la référence à la notion d’animation globale, à travers tois entrées :
- comme référentiel d’action,
- comme structurant un champ professionnel
- et comme déterminant un certain nombre de pratiques professionnelles.

Cette notion forgée et institutionnalisée à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix et constitutive des centres sociaux, était soumise au crible des mutations de notre société et des questions d’aujourd’hui. Pour mémoire rappelons sommairement que l’animation globale peut être définie comme action globale de développement des personnes et d’un territoire en s’appuyant sur la participation des habitants.

L’Injep a été plus particulièrement associé à la réflexion autour de l’évolution du champ professionnel de l’animation. A cette occasion Francis Lebon a présenté les résultats d’une étude qu’il vient de terminer :

« Morphologie d’un groupe professionnel en évolution : les animateurs socioculturels et de loisirs (1982-2005) », étude réalisée à partir des données INSEE.

Ce travail met en évidence un certain nombre de permanence remarquables et interroge le discours sur la professionnalisation comme discours de légitimation.

(Voir ci-dessous)

Jean-Claude Richez de son côté a insisté sur la difficulté et les dangers d’une approche dans ce champ d’activité en terme de compétences, d’un découpage par tâches sur le mode taylorien dans un secteur où compétences transversales et compétences collectives occupent presque par définition, celle de l’animation globale, une place prépondérante.

Par ailleurs on ne saurait perdre de vue que cette notion d’animation globale excède aujourd’hui très largement le seul champ structuré institutionnellement par les centres sociaux et est le lot commun d’un champ beaucoup plus large d’intervention. Intervention nourrie du travail engagé déjà il y a quelques années par Annette Coulon et dont l’on peut retrouver la matière dans « Animation et développement social : des professionnels en recherche de nouvelles compétences » (Cahiers de l’action n°3, INJEP, 2005).

Le texte de l’intervention de Francis Lebon (Chargé d’études et de recherche à L’Injep)

Au début des années 1970, une enquête menée par le Centre de formation « Les Amitiés sociales », à Rennes, écrit ceci sur les animateurs :

« C’est une nouvelle profession hétérogène, aux tâches très variées, aux niveaux de responsabilités différents. Élément commun : les animateurs s’adressent à l’homme pris en dehors de sa vie scolaire ou professionnelle »...

« Hétérogène, varié, différents » : je crois que le constat est globalement identique aujourd’hui.

D’autres enquêtes des années 1970, sous l’impulsion notamment du FONJEP, décrivent une population jeune et masculine dont les trois quarts envisage de quitter l’animation avant 45 ans. L’activité apparaît donc surtout comme une profession « de transition », « mal définie » .

Qu’en est-il 30 ans plus tard ?

Je voudrais vous livrer quelques résultats d’une enquête en cours sur l’espace professionnel des animateurs. Elle est issue du traitement secondaire des données de l’enquête Emploi de l’INSEE sur la période 1982-2005. Tout d’abord, deux points de repères :

1. En 1985, le groupe professionnel compte près de 6 femmes pour 4 hommes. Les hommes sont plutôt de niveau Bac, les femmes de niveau CAP ou BEP. Âgés de 33 ans, ils travaillent habituellement 33 heures par semaine.

Les agents de l’animation : des « grandes sœurs » plus que des « grands frères »

2. En 2005, l’animateur moyen est une femme âgée de 33 ans (père ouvrier, mère employée) qui, de niveau bac, travaille 26 heures par semaine, dans une mairie, pour environ 800 € par mois.

Donc féminisation du groupe professionnel. C’est important à souligner : Contrairement à une idée reçue, les agents de l’animation sont donc des « grandes sœurs » plus que des « grands frères ».

Mais au-delà de la féminisation, d’une montée des situations de précarité (dont je parlerai dans un instant) et d’une petite progression des niveaux de formation, le contraste des conditions d’emploi au sein du groupe professionnel est constant sur toute la période.

Si, globalement, le groupe semble former une catégorie intermédiaire inférieure, les différences qui divisent cette population sont-elles ordonnées, s’organisent-elles selon un plan systématique dont on pourrait dresser la carte ? Quels sont les traits saillants des animateurs ?

À partir d’un traitement statistique spécifique, on peut dire que la première opposition distingue deux statuts d’emploi, d’une part l’emploi stable à temps complet des individus âgés, d’autre part l’emploi des jeunes précaires à temps partiel.

En d’autres termes, cet axe oppose les jeunes (15-24 ans) précaires à temps partiel avec de faibles salaires (1er quartile) dans les communes de plus de 200 000 habitants, aux emplois stables d’individus de plus de 35 ans qui, avec des salaires situés dans le dernier quartile, ont plus de 10 ans d’ancienneté et travaillent plus de 39 heures par semaine.

Lire le rapport de l’étude :

"Un groupe professionnel en évolution ? Les animateurs socioculturels et de loisirs, analyse secondaire de l’enquête Emploi (1982-2005)"

PDF - 1 Mo

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