Injep
 
 
 
Politiques d’éducation et de jeunesse

Accueil et information des jeunes

Participation, engagement, initiatives des jeunes

Lettres d’information du site Ressources jeunesse

Archives
Contact

 



Publication

"Accueillir les jeunes en milieu rural : pour des territoires solidaires"

un nouveau numéro des "Cahiers de l’action"
Mis en ligne le vendredi 23 mars 2007.

Les jeunes constituent la population la moins présente dans les territoires ruraux. Pourtant, d’après une récente enquête auprès de 1000 jeunes de 18 à 29 ans issus du milieu rural, plus de 87 % d’entre eux souhaitent y vivre et 72 % y travailler.

Dans le même temps, ces territoires connaissent des recompositions fortes. Ils sont un laboratoire où s’inventent d’autres modalités du vivre ensemble et du développement.

Quel avenir pour le milieu rural ? Quelle place pour les jeunes ? Quels facteurs favorisent leur intégration ? Ce travail qui croise recherches, analyses et pratiques, et expérimentations d’acteurs tente de répondre à ces questions, et pose l’enjeu de l’intégration socio-économiques des jeunes en milieu rural.

Cette publication a pour vocation d’interpeller, d’ouvrir le débat et d’inviter l’ensemble des acteurs, jeunes, élus, associations..., à se mobiliser et à agir.

L’auteur de l’ouvrage : Le MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne), mouvement de jeunesse géré et animé par des jeunes de 15 à 30 ans, a pour ambition de permettre aux jeunes de participer à la construction des territoires ruraux. Il regroupe 15000 jeunes dans 21 régions.

Extraits :

« Les nouveaux habitants des territoires ruraux »

Résumé de l’enquête réalisée en novembre 1999, par courrier par Mairie-Conseils auprès des 12 181 maires ruraux de son réseau. Echantillon : 1680 questionnaires analysés.

Les résultats de l’enquête de Mairie-Conseils, portant sur l’identité des nouveaux arrivants installés depuis trois ans, relatifs à un échantillon de près de 38 000 personnes, relèvent la diversité des profils des nouveaux arrivants : citadins en recherche d’une autre qualité de vie, populations modestes en difficulté d’accès au logement dans les villes, personnes en situation précaire espérant trouver une vie moins chère, européens du Nord attirés pas les maisons anciennes, retraités effectuant un « retour au pays » à la fin de leur vie active, travailleurs saisonniers venus pour combler le besoin de main-d’œuvre...

D’après l’enquête, près de 65% des nouveaux arrivants sont des personnes en activité, avec une présence importante de personnes exerçant une activité en ville, et donc des migrations pendulaires à plus ou moins longue distance. Cependant, parmi les migrants actifs, on relève un groupe plus divers : créateurs et repreneurs d’activités, personnes travaillant à distance, nouveaux agriculteurs.

On peut noter aussi, parmi les nouveaux venus, la part importante des retraités originaires ou non de la région et d’une frange de population urbaine en difficulté, plus ou moins fragilisée, qui semble se replier à la campagne.

L’enquête montre que les nouveaux arrivants sont pour 87% des couples, dont 53% ont des enfants et seulement 7% de familles monoparentales, 6% de personnes seules. Ces données suggèrent l’importance des enfants dans la décision d’installation à la campagne.

71% des nouveaux arrivants sont d’origine urbaine, d’une ville située en premier lieu à l’intérieur du même département, les mouvements intra départementaux représentant 59% des migrations totales. Les critères d’installation sont le choix de vie en milieu rural, la présence d’un logement et l’existence de liens avec la région. La présence d’un emploi n’arrive qu’en quatrième position, montrant que ces arrivées sont avant tout le fait d’un choix de vie et ne sont donc pas motivées uniquement par des critères économiques rationnels.

Catégorie des migrants

- Population active (personnes exerçant une activité en ville, créateurs d’activités nouvelles, repreneurs d’activités, personnes exerçant une activité à distance, agriculteurs s’installant sans aides officielles) : 64,6%

- Retraités (originaire ou non de la région) : 16,7%

- Population précarisée (personnes en difficulté provenant d’une ville, salariés saisonniers se sédentarisant, jeunes en situation d’errance, gens du voyage en voie de sédentarisation, SDF) : 14,1%

- Etrangers 4,6%

Les jeunes et l’espace rural

Un territoire rural, pour assurer son dynamisme, sa vitalité, a besoin d’une population aux tranches générationnelles et sociales équilibrées.

Aujourd’hui, beaucoup de Français (tous âges confondus) ont une image très positive de la campagne et y sont attirés pour y vivre une partie de leur existence. Cependant, les territoires ruraux sont très diversifiés et ils ne sont pas sur le même pied d’égalité en terme d’attractivité.

Une carte INSEE de 2003 montre clairement que les jeunes sont moins représentés dans les territoires du Massif central aux Pyrénées, ainsi qu’en Bretagne intérieure et dans les Alpes du Sud..

A l’inverse des plus âgés, les jeunes sont un public en construction de leur avenir, ayant parfois besoin de soutien dans leur accès à l’autonomie, offrant dans l’immédiat moins de sécurité et de plus value économique pour le territoire.

Les jeunes, signe d’avenir, sont un public essentiel aux campagnes, les territoires ruraux ont encore des efforts à faire pour en accueillir.

Parler d’accueillir les jeunes ne veut pas dire qu’il n’y en ait pas en rural, mais insuffisamment probablement. Ils sont aujourd’hui très mobiles et passent une partie de leurs parcours en ville pour les études et pour y acquérir une expérience professionnelle. Il s’agit alors de permettre à ces jeunes de retourner dans leur territoire d’origine ou dans un autre en milieu rural. De plus, des jeunes issus du milieu urbain sont nombreux à avoir envie de s’y installer.

Dans cette partie, nous chercherons à comprendre quelle perception les jeunes, originaires du milieu rural, ont de ce milieu ? Comment ils envisagent leur avenir ? Est-ce en milieu rural ? Quels freins perçoivent-ils à une éventuelle installation ? etc.

Nous différencierons les jeunes selon leur implantation géographiques actuelle, ville ou campagne, ces deux publics ayant une approche et des perceptions différentes du milieu rural et une fréquentation de la ville différenciée.

Pour cela, nous nous appuierons essentiellement sur trois travaux :

- une enquête menée par le MRJC, d’octobre à décembre 2005, intitulée « Les jeunes issus du milieu rural ». 1000 questionnaires, administrés à des jeunes issus des campagnes, ont été analysés pour connaître leurs représentations et désirs (cf les deux encadrés ci-dessous, pour la démarche méthodologique et les principaux résultats).

- l’ouvrage de Nicolas Rénahy [1] , Les gars du coin, qui traite des jeunes ouvriers en milieu rural.

- une étude menée par Simon Fayolle [2] , « Les jeunes dans le sud de l’Indre » du comité de bassin d’emploi Brenne Boischaut sud, réalisant un diagnostic visant à déterminer les domaines d’actions prioritaires pour lutter contre l’exode des jeunes.

Bien entendu, nos réflexions s’appuyeront aussi sur l’expérience et les actions du MRJC, qui regroupe des jeunes ruraux depuis 1929.

« Les jeunes issus du milieu rural » (Enquête menée par le MRJC d’octobre à décembre 2005) : Principaux résultats Après dépouillement et analyses, l’échantillon des enquêtés est le suivant, 745 individus de 17-29 ans de France métropolitaine ayant vécu au moins 5 ans en milieu rural dans leur enfance dont :

- 47% d’homme et 53% de femme
- 23% ont entre 17-20 ans, 44% entre 20-24 ans, 33% entre 24-30 ans
- 41% sont étudiants, 17% sont étudiants et actifs, 35% sont actifs, 7% ne sont ni actifs, ni étudiants
- 55% ont leur domicile principal en ville, 45% ont leur domicile principal à la campagne
- 78% vivent seul, 22% en couple dont 6% avec des enfants
- 64% ont une activité professionnelle en ville (étudiants inclus)
- 88 % ont un diplôme égal ou supérieur au bac
- 28% sont enfants d’agriculteurs
- 83% adhérent à une association, dont 57% s’y investissent

Nous attirons l’attention sur trois biais principaux, dont nous tiendrons compte durant nos analyses : une population, d’enfants d’agriculteurs, de diplômés et d’adhérents à une association, bien supérieure à la moyenne.

Cela est certainement dû aux conditions de passation de l’enquête et au réseau social des jeunes du MRJC qui ont fait passer l’enquête. Nous rappelons tout de même que les jeunes du MRJC ont été volontairement écartés de l’enquête.

En savoir plus sur la publication : consulter le sommaire, commander l’ouvrage ... sur le site de l’Injep.

http://www.injep.fr/Numero-10-Accueillir-les-jeunes-en.html

[1] Chargé de Recherche en Sociologie à l’INRA et Chercheur associé à l’équipe ETT (Enquêtes, Terrains, Théories) du Centre Maurice Halbwachs. Principaux thèmes de recherche : appartenances sociales et territoriales, sociologie et ethnographie du groupe ouvrier, jeunesses populaires. Publication : Les gars du coin, enquête sur une jeunesse rurale. Préface de Stéphane Beaud et Michel Pialoux. Paris, La Découverte, coll. textes à l’appui/enquêtes de terrain, 2005.

[2] Chargé d’étude du Comité de bassin d’emploi Brenne, Boischaut sud, dans le sud de l’Indre.


Partagez cet article :