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Deux-Sèvres

Accompagner les initiatives des jeunes : la nécessité d’une approche transversale

compte rendu d’une rencontre départementale
Mis en ligne le jeudi 20 avril 2006.

La rédaction du site ressources jeunesse vous propose de partager quelques extraits du compte rendu des rencontres "accompagner les initiatives des jeunes" organisées en décembre 2005 dans le département des Deux-Sèvres. L’intérêt de cette journée réside notamment dans la dimension transversale de son organisation.

Ces rencontres constituent en effet une initiative partenariale portée par l’inspection académique, la direction départementale de la jeunesse et des sports, la caisse d’allocations familiales et la mutualité sociale agricole en réponse à des demandes des acteurs locaux.

Leur vocation est de permettre à l’ensemble des acteurs éducatifs du département de se regrouper pour échanger de manière transversale sur des questions relatives à la prise en compte des jeunes, pendant le temps scolaire mais aussi durant le temps des loisirs.

Cette approche est notamment concrétisée au plan départemental par la mise en place d’un dispositif de soutien à l’initiative des jeunes intitulé "Coup de pouce".

Gérard Marquié

Extraits de l’intervention de Fabien MARTHA, inspecteur de la jeunesse des sports et des loisirs.

L’idée force de cette édition : l’ouverture

- Sur le plan des intervenants : « Nous avons, cette année, le plaisir d’accueillir des acteurs qui n’avaient pas eu jusqu’alors l’occasion de faire part de leurs expériences. Je veux parler des acteurs du sport, du soutien à la création d’activité, de l’enseignement agricole, d’élus locaux... L’ouverture à ces acteurs peut permettre de découvrir des conceptions et des méthodes originales de soutien ou de promotion à l’initiative des jeunes. »

- Sur le plan du thème choisi : « Nous avons souhaité retenir cette année une thématique large, transversale, qui renvoie à une problématique centrale de notre société, comme des évènements proches nous l’ont rappelé [1] : l’insertion des jeunes dans la Cité.

Comment contribuer, en complément des apprentissages familiaux et scolaires, à préparer les jeunes deux-sévriens à leur vie de citoyens dans un monde de moins en moins figé ?

Cette question nous amène à nous interroger sur les rôles des institutions et référents adultes dans l’accompagnement des initiatives des jeunes. Nous retiendrons une acception large du terme d’initiative renvoyant à la fois à l’idée de participation et d’engagement plus spontané dans des projets collectifs de différentes natures. »

Quelques enjeux liés au déploiement des initiatives des jeunes et à leur accompagnement

- Enjeux pour les jeunes : « La prise d’initiative peut permettre le développement d’aptitudes et de compétences complémentaires à l’éducation formelle comme l’esprit de responsabilité, l’esprit d’initiative, l’esprit d’équipe, la conduite de projet, la découverte de l’environnement institutionnel et la prise de parole.

Dans un monde du travail de plus en plus complexe, fait de parcours de plus en plus diversifiés et mobiles, un monde social de moins en moins normé, ces ressources acquises pendant la jeunesse seront utiles à l’adulte de demain. Ces éléments sont, sans doute, plus encore à valoriser dans un département rural où les jeunes sont peu mobiles et dont l’autonomie est souvent limitée par des univers de socialisation et de construction individuelle réduits à la famille et à l’univers scolaire. »

- Enjeux pour la société : « C’est de la préparation des décideurs de demain dans nos associations ou dans d’autres instances d’action collective dont il est question ici. L’enjeu est donc de taille. »

La réalité de l’engagement : complexe et en mutation

« Un sentiment général semble regretter l’épuisement de l’engagement des jeunes dans des initiatives citoyennes. Celui-ci contraste avec l’attachement de ceux-ci aux valeurs d’altruisme, de solidarité avec leur volonté de s’engager dès lors que cet engagement permet l’expression et l’épanouissement individuel au-delà de l’adhésion à une bonne cause.

En réalité, ce sont les motivations et les formes de l’engagement qui ont évolué. Les motivations reposent désormais plus sur la passion, les résultats concrets, la volonté de découvrir de nouveaux horizons, la construction de soi.

La notion de projet prédomine sur la notion d’affiliation. Ceci explique les difficultés rencontrées pour amener les jeunes à s’engager dans le fonctionnement des associations. Il est nécessaire de prendre en compte ces modifications structurelles et de changer de grille de lecture si on veut comprendre quelque chose à l’engagement des jeunes. »

Il existe un potentiel d’engagement différent à capter. Les formes de l’engagement sont affectées par l’évolution des motivations.

Ainsi, en 2005, en Deux Deux-Sèvres, sur 17 projets primés :

- 35% des initiatives relevaient du secteur des pratiques culturelles,
- 29% du secteur humanitaire,
- 24% de la citoyenneté.

Quelques conditions pour prendre en compte efficacement les initiatives des jeunes

« Le déploiement de l’esprit d’initiative chez un jeune et son engagement dans un projet collectif supposent une confiance en soi importante. Celle-ci est directement liée à la confiance que les adultes (parents, animateurs, enseignants, conseillers principaux d’éducation...) lui témoignent. C’est un aspect capital.

Ce phénomène est encore plus discriminant s’agissant des jeunes en difficulté (en zones urbaines ou rurales) qui souffrent du déficit de confiance que les adultes peuvent leur renvoyer.

Quelques écueils sont à éviter pour ceux qui sont au contact de ces jeunes :

- La dé-légitimation de l’engagement : Cette tentation est peut-être plus répandue dans les départements ruraux où la structure familiale joue encore à plein son rôle éducatif. Les adultes peuvent entretenir une vision qui contraste avec celle du jeune de la valeur attendue de la prise d’initiative ou de la démarche de participation.

Ce qui compte pour eux en priorité, durant la minorité du jeune, c’est l’incorporation de normes bien établies dans une logique de reproduction des comportements sociaux. Le système scolaire a longtemps été axé sur ce modèle jusqu’à ce qu’on valorise aussi les potentialités formatrices de l’Ecole comme lieu de vie (1989).

- L’injonction d’engagement : a contrario, l’écueil peut être parfois de trop charger en représentations exigeantes le concept d’engagement. Celui-ci serait ainsi réservé à des jeunes dotés d’une vision du monde, d’un projet de transformation sociale et capables d’assumer de lourdes responsabilités. Il est important de dédramatiser la situation et de légitimer les ressorts nouveaux de l’engagement et les initiatives très concrètes, quelles qu’elles soient.

- La hiérarchisation des engagements : Selon les prismes de normes ou de valeurs, certains types d’engagement peuvent être considérés comme déviants (la culture de rue...) ou dépréciés (le droit aux vacances...). Il faut bien être conscient aujourd’hui que les initiatives se fondent surtout sur une orientation culturelle ou sur une passion plus que sur une orientation civique ou politique.

Il faut pouvoir agir positivement et concrètement pour accompagner les initiatives. Un certain nombre de programmes existent. »

Le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative a notamment développé le programme « envie d’agir ».

Deux composantes sont dans ce cadre évoquées par l’intervenant :

- Le dispositif départemental d’aide à l’initiative des jeunes (Koudpous) qui s’adresse aux moins de 21 ans et porte sur les projets collectifs.

- Le Passeport de l’engagement destiné à valoriser les initiatives des jeunes par la consignation des expériences.

Télécharger les actes des rencontres départementales 2005 de l’éducation partagée en Deux-Sèvres : "Accompagner les initiatives des jeunes".

PDF - 2 Mo

[1] les événements de l’automne 2005


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