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« 13-18 questions de justice » : Une démarche pertinente d’éducation partagée

Evaluation d’une exposition et de son animation dans l’agglomération de La Rochelle
Mis en ligne le lundi 7 juin 2010.

Depuis 3 ans l’agglomération et la Ville de la Rochelle mènent une action nommée "13-18 questions de justice" dans l’agglomération rochelaise. Des animateurs organisent pendant 2h une séance s’appuyant sur une exposition, créée par la Protection judiciaire de la jeunesse, auprès d’élèves de classes de 4e. Une évaluation de cette action vient d’être réalisée par l’Injep...

Cette exposition et son animation permettent d’aborder notamment les droits et devoirs, le rôle de la loi... Plus globalement des questions de la vie : éducation, protection, majorités, sexualité … mais aussi des sujets liées à différents niveaux d’infractions : vol, viol, drogues...

L’Injep a été chargé d’évaluer cette action et son impact sur le public, sur les professionnels concernés par ce projet (enseignants, animateurs, principaux de collèges, directeurs de structures jeunesse, personnels vie scolaire...) et sur le partenariat local.

35 entretiens ont été réalisés auprès des acteurs, 130 jeunes ont été rencontrés dans le cadre de focus groupe (réunions par groupes de 12 jeunes en moyenne), 100 jeunes ont répondu a un questionnaire en ligne trois mois après l’animation.

Les évaluateurs ont par ailleurs assisté a une douzaine d’animation. La restitution de cette évaluation montre que globalement cette action apparaît pertinente et innovante a différents niveaux.

Le rapport d’évaluation remis au commanditaire aborde les questions suivantes : L’exposition, les animateurs, les complémentarités et partenariats entre acteurs et institutions, l’impact sur le public, la pertinence et la cohérence de l’action, des éléments de conclusions présentant une trentaine de propositions déclinables à court moyen ou plus long terme.

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Une séance réalisée par des animateurs de structures jeunesse de l’agglomération rochelaise.

En conclusion du rapport les évaluateurs estiment que trois principaux enseignements se dégagent :

1/ En matière de prévention : la nécessité d’une approche systémique

« 13-18 questions de justice » remplit une fonction identifiée, mais encore à préciser dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté, et joue un rôle important mais encore ponctuel dans le travail collaboratif entre animateurs et enseignants. Aujourd’hui, l’approche qui devrait être privilégiée est plutôt de nature systémique. Si l’on assigne à cette action des objectifs rentrant à la fois dans le cadre de l’éducation citoyenne et dans le cadre de la prévention des risques, c’est la place de cette exposition au sein d’un système d’action concret et significatif sur ces deux plans qui est « l’enjeu » de sa stratégie de développement et qui pose plusieurs questions :

Comment est-elle située par rapport aux autres interventions de ces champs ? Qu’est ce qu’elle permet d’atteindre et qu’elle doit développer, et avec qui ? Quels liens institutionnels et professionnels définir avec les autres acteurs de l’éducation et de la prévention ?

Sa capacité à avoir un impact sur l’ensemble de ces acteurs comme sur les bénéficiaires doit être évaluée dans le cadre du système d’action dans lequel elle s’inscrit, et non de manière fonctionnelle sur les seules retombées de l’exposition et de son animation pris isolément. La pertinence, la cohérence et l’utilité sociale de cette action ne peuvent être mesurées que dans le cadre de cette approche globale d’une politique mené sur un (des ? ) territoire et auprès d’une génération.

2/ Une alternative, éducative et de prévention crédible et efficace, à des choix essentiellement sécuritaires

Le mode de résolution de ces problèmes procède aujourd’hui d’une pensée dominante construite autour du retour en force de la sécurisation de l’espace public par des mesures de contrôle et de coercition (caméras de surveillance, fermeture des établissements scolaires, fouilles, etc.). L’action « 13-18 questions de justice », son exposition, son animation et ses prolongements doivent constituer une alternative, éducative et de prévention crédible et efficace, aux choix essentiellement sécuritaires qui loin de traiter et résoudre ces questions sociales, ne font que les déplacer.

3/ L’intérêt d’une démarche d’éducation partagée

Le rôle éducatif de cette action, s’inscrivant notamment dans le cadre d’un système partagé incluant l’éducation formelle (le collège), non formelle (les services jeunesse, associations, centres sociaux) et informelle (rôle des pairs, rôle des parents) doit être pris en compte et renforcé.

Jean-Pierre Halter et Gérard Marquié (évaluateurs de l’action)

A lire aussi à voir, à écouter :

- Le droit, la loi et les jeunes rochelais (article paru dans le quotidien Sud Ouest)

- L’exposition "13-18 questions de justice" et son animation vues par un enseignant (vidéo)

- Evaluation de l’action 13-18 questions de justice à la Rochelle : Interview radio


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